L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des États-Unis à Ryad. L'Arabie saoudite avait accusé Téhéran d'avoir mené cette attaque de drone, qui avait provoqué un incendie.
« Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des États-Unis à Ryad », a déclaré le diplomate dans un entretien exclusif à l'AFP. « Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité », a-t-il assuré.
Des frappes iraniennes sur les pays du Golfe
L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, affirmant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les États-Unis et Israël. Ce conflit déborde désormais en dehors de la région.
L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire, avertissant que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles. Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises la raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a également démenti.
L'Iran salue l'engagement saoudien de neutralité
Le diplomate iranien a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux et de son territoire pendant la guerre. « Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite : qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran », a-t-il déclaré.
Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.
Des relations récemment renouvées
Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023 grâce à un accord négocié par l'intermédiaire de la Chine. Ryad avait rompu ses liens diplomatiques avec Téhéran en 2016, après l'attaque de son ambassade et de son consulat lors de manifestations ayant suivi l'exécution du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.
Depuis le début du conflit déclenché par les frappes américano-israéliennes, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils. « Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région », a regretté Alireza Enayati.











