Donald Trump a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran au sujet des négociations sur le nucléaire, tout en déclarant n'avoir pas encore pris de « décision finale » sur d'éventuelles frappes militaires. Dans le même temps, le médiateur omanais s'est prévalu d'une percée dans les pourparlers, au lendemain d'une troisième session de discussions à Genève.
Trump exige l'arrêt total de l'enrichissement
Le président américain a déclaré à des journalistes « ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier ». Lors d'un déplacement au Texas, il a exigé que l'Iran n'effectue « aucun enrichissement » d'uranium. « Vous n'avez pas besoin d'enrichir quand vous avez autant de pétrole », a-t-il lancé à la presse.
Les États-Unis accusent Téhéran, qui dément, de vouloir se doter de la bombe atomique. Washington insiste pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium et souhaite limiter le programme balistique iranien, un sujet que l'Iran refuse d'aborder.
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Le médiateur omanais annonce une percée
Le chef de la diplomatie omanaise, Badr Albusaidi, a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu dans les négociations. Selon lui, l'Iran a accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi. « C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage », a-t-il expliqué sur la chaîne américaine CBS.
« La paix est à portée de main », a même affirmé Badr Albusaidi sur le réseau social X, ajoutant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait évoqué jeudi de « très bons progrès » dans les discussions. Une prochaine session doit se tenir « très bientôt », après des consultations techniques lundi à Vienne avec des experts de l'AIEA.
Un déploiement militaire américain massif
En parallèle des négociations, les États-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions, dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté la Crète jeudi. Washington a recommandé au personnel non essentiel de son ambassade à Jérusalem de quitter Israël en raison de « risques pour leur sécurité ».
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, se rendra lundi en Israël. Les États-Unis ont également inscrit vendredi l'Iran sur leur liste noire de pays pratiquant « des détentions injustifiées » et appelé leurs ressortissants en Iran à « partir immédiatement ».
Inquiétudes internationales et tensions régionales
Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit préoccupé par le « risque d'escalade militaire régionale ». La Chine a conseillé à ses ressortissants en Iran d'évacuer « dès que possible ». Londres a annoncé des mesures pour protéger son personnel diplomatique, face au risque d'une aggravation « rapide » de la situation.
Berlin a déconseillé « de toute urgence » à ses ressortissants de se rendre en Israël. La compagnie Turkish Airlines a annulé ses vols vers Téhéran au départ d'Istanbul vendredi soir. Abbas Araghchi a appelé vendredi les États-Unis à éviter « toute exigence excessive », tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille.
Les négociations
Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de « 10 à 15 jours » pour décider si un accord était possible ou s'il recourrait à la force. Les deux pays avaient repris des pourparlers l'année précédente, interrompus par la guerre israélo-iranienne de douze jours en juin, à laquelle Washington s'était brièvement joint.











