22 h 56 : l'alerte annonçant l'approche d'un missile iranien retentit. Dans une salle d'opérations du Magen David Adom (MDA), l'équivalent israélien de la Croix-Rouge, des secouristes se tiennent prêts dans un centre enfoui trois étages sous terre à Ramla, près de Tel-Aviv. Une secouriste ajuste son casque, saisit le téléphone : quatre scènes d'impacts de débris viennent d'être signalées.
Un centre de crise souterrain de 45 000 m²
Le complexe de Ramla, bâti en 2024 après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, abrite la cellule de crise nationale du MDA. Depuis cette salle, les secours d'urgence sont coordonnés en lien avec la police, les pompiers et l'armée. Sa construction a coûté 200 millions de dollars, financés par des dons américains.
« Si nous avons soudainement beaucoup d'appels, c'est qu'il peut y avoir des morts et des blessés », explique Ilan Klein, 46 ans, directeur des relations internationales du MDA. En temps normal, l'organisation reçoit environ 6 000 appels par jour. Depuis le début de la guerre le 28 février, ce chiffre a « plus que doublé ».
Un bilan humain limité malgré les frappes
Alors que le Liban a fait état de centaines de morts et l'Iran de plus de 1 200 — un bilan que l'AFP n'a pu vérifier —, Israël compte onze morts depuis le début du conflit. Cette différence s'explique par un dispositif d'alerte très efficace, un réseau dense d'abris souterrains et un système de défense antiaérienne performant.
La plupart des interventions quotidiennes du MDA concernent des personnes tombées en courant vers les abris ou souffrant de crises d'anxiété. « Quand les sirènes retentissent, nous nous mettons d'abord à l'abri dans une pièce sécurisée, puis nous mettons casques et gilets pare-éclats et nous dirigeons vers le lieu de l'impact », décrit Ori Lazarovich, 27 ans, membre du personnel paramédical.
Depuis la guerre entre Israël et l'Iran en juin 2025, les secouristes observent des blessures plus graves, liées à l'usage de missiles à sous-munitions.
Une organisation mobilisée à 100 %
Le MDA a « multiplié par quatre sa force sur le terrain » en une dizaine de jours, selon Ilan Klein. Fondé en 1930, avant même la création d'Israël en 1948, il compte 35 000 bénévoles — dont 10 000 premiers intervenants — et 3 000 salariés. Quelque 2 000 ambulances et plus de 600 véhicules et motos de secours sont déployés.

« Nous sommes au niveau d'alerte maximal : 100 % de la flotte est mobilisée 24 heures sur 24 », souligne Ori Lazarovich. L'organisation, non subventionnée par l'État, fonctionne grâce aux services facturés aux caisses de maladie et aux contributions privées.
23 h 12 : alerte levée. Michal Raz, cheffe de garde de 27 ans, affiche un sourire malgré la tension. « J'ai connu ça toute ma vie, mais je suis toujours effrayée quand j'entends les sirènes. » L'attente reprend.











