En l’espace d’un an et demi, Vladimir Poutine a perdu plusieurs alliés étrangers d’importance : Bachar al-Assad, Nicolas Maduro, et désormais Ali Khamenei. Le dirigeant russe, emptré dans sa guerre en Ukraine, n’a pu empêcher aucune de ces chutes.
Une réaction limitée du Kremlin
Poutine s’est contenté dimanche d’une lettre de condoléances, saluant « un homme d’État hors pair qui a apporté une contribution personnelle immense au développement des relations d’amitié entre la Russie et l’Iran ». Il a dénoncé un acte de « violation cynique de la morale et du droit international ».
Les autorités russes n’ont toutefois pas annoncé d’aide concrète à Téhéran face aux frappes américaines et israéliennes. C’est le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a pris l’initiative d’appeler son homologue russe Sergueï Lavrov.
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« Deux fois en deux mois, Poutine a échoué à sauver un allié »
Pour l’expert russe Alexandre Baounov, du centre Carnegie, la mort de Khamenei place Poutine dans une « situation difficile ». Le président russe cherche depuis la réélection de Donald Trump à ménager Washington pour obtenir des concessions dans les négociations sur l’Ukraine.
« Deux fois en deux mois, Poutine a échoué à accomplir son rôle de sauveur », souligne M. Baounov. Et dans le cas de Khamenei, « le tueur est son ami Trump », ajoute l’expert. Début janvier, l’enlèvement de Maduro par les États-Unis avait déjà marqué la perte d’un autre partenaire.
Un allié militaire clé pour Moscou
Téhéran était resté l’un des plus proches soutiens de la Russie tout au long de l’offensive lancée en 2022 contre l’Ukraine. Kiev et les Occidentaux accusent l’Iran d’avoir fourni à Moscou des drones Shahed, que la Russie produit désormais en masse et utilise quotidiennement pour bombarder l’Ukraine.
En 2025, les deux pays avaient signé un traité de partenariat stratégique renforçant leurs liens, y compris dans le domaine militaire. Les conséquences pour Moscou du conflit en cours en Iran restent difficiles à évaluer.
Kiev se réjouit, Moscou minimise
Le député russe Anatoli Vasserman a estimé que la guerre pourrait profiter à court terme à la Russie si elle entraîne une forte hausse des prix du pétrole. Il a aussi évoqué de « gros problèmes » pour les États-Unis et Israël si les autorités iraniennes « résistent ».
Kiev s’est logiquement réjoui de l’assassinat. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a estimé que la mort de Khamenei montre que la Russie n’est pas « un partenaire fiable même pour ceux qui comptent beaucoup sur elle » et qu’elle perd de l’influence à cause de sa « guerre insensée contre l’Ukraine ».










