Le chancelier allemand Friedrich Merz a publiquement douté des perspectives d'avenir du SCAF, le système de combat aérien du futur, projet d'avion de combat franco-germano-espagnol en panne depuis des mois sur fond de tensions entre Paris et Berlin.
Un seul ou deux avions ?
Dans un entretien diffusé mercredi, M. Merz a affirmé que son pays n'avait pas besoin du même avion que la France, la Bundeswehr n'ayant pas les mêmes exigences en matière de capacité nucléaire et d'opérations depuis un porte-avions.
« La question qui se pose maintenant est la suivante : avons-nous la force et la volonté de construire deux avions ? », a-t-il demandé, tout en notant que Paris n'en veut « qu'un seul ». L'Élysée a répliqué que Macron restait « engagé pour le succès du projet » et jugeait « incompréhensible » que les divergences ne soient pas « surmontées ».
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Dassault contre Airbus
Lancé en 2017 par Macron et Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF comprend un avion de combat, des drones et un « cloud de combat ». Selon les accords, la France, l'Allemagne et l'Espagne participent chacune à hauteur d'un tiers. Mais le français Dassault, leader du développement, exige la liberté de choisir ses sous-traitants, ce que conteste Airbus Allemagne.
L'industrie aéronautique allemande tire depuis des semaines à boulets rouges sur le projet, plaidant pour séparer les deux avions tout en préservant la coopération dans les moteurs. « Ce ne serait pas la fin du monde si on arrivait à la conclusion qu'il fallait construire deux avions », a estimé une source industrielle allemande.
Des tensions franco-allemandes croissantes
Les propos de Merz surviennent alors que la liste des différends franco-allemands s'allonge : dépenses de défense jugées « insuffisantes » par Berlin, blocage d'un accord commercial avec des pays sud-américains par Paris. Merz a laissé entendre que « d'autres pays en Europe » seraient prêts à travailler avec l'Allemagne, un partenariat avec le suédois SAAB étant évoqué. Le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul a toutefois tenté d'arrondir les angles, décrivant la France comme « le partenaire le plus étroit et l'ami le plus important en Europe ».
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