Les États-Unis ont appelé vendredi au lancement de négociations multilatérales de contrôle des armements nucléaires incluant la Chine, qu'ils accusent d'avoir mené des essais nucléaires cachés, notamment en 2020. Au lendemain de l'expiration du traité New Start, Moscou n'a pas exclu de telles discussions mais les a conditionnées à la participation de la France et du Royaume-Uni.
Washington accuse Pékin d'essais cachés
« À cette heure, l'arsenal nucléaire chinois, dans son intégralité, est sans limite, sans transparence, sans déclaration et sans contrôle », a déclaré le sous-secrétaire d'État chargé du contrôle des armements, Thomas DiNanno, devant la Conférence du Désarmement au siège de l'ONU à Genève.
Il a accusé Pékin d'avoir procédé à des essais nucléaires, « notamment en vue d'essais d'une puissance de plusieurs centaines de tonnes », ajoutant que l'armée chinoise avait « cherché à dissimuler ces essais » en utilisant une « méthode visant à réduire l'efficacité de la surveillance sismique ».
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En novembre le président Trump avait
En novembre, le président Trump avait déjà affirmé que la Chine, comme la Russie, faisait des essais « mais ils n'en parlent pas ». Pékin avait alors démenti.
La Chine refuse de négocier
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a estimé que « le contrôle des armements ne peut plus être une question bilatérale entre les États-Unis et la Russie ». « D'autres pays ont la responsabilité de contribuer à garantir la stabilité stratégique, et aucun plus que la Chine », a-t-il ajouté.
Mais Pékin rejette toute participation. « Les capacités nucléaires de la Chine sont loin d'atteindre le niveau de celles des États-Unis ou de la Russie ; par conséquent, la Chine ne participerait pas à des négociations sur le désarmement nucléaire à ce stade », a répété vendredi à Genève le représentant chinois, Shen Jian.
Moscou pose ses conditions
Le Kremlin a indiqué vendredi que Russie et États-Unis étaient d'accord pour garder une approche « responsable » et restaient prêts à négocier. Mais l'ambassadeur russe à Genève, Gennady Gatilov, a posé une condition : que la France et le Royaume-Uni participent également.
« La Russie, par principe, serait impliquée dans un tel processus si le Royaume-Uni et la France, alliés militaires des États-Unis au sein de l'OTAN, qui s'est déclarée alliance nucléaire, y participaient également », a-t-il déclaré.
La représentante permanente française Anne Lazar-Sury
La représentante permanente française, Anne Lazar-Sury, n'a pas directement répondu à cette exigence, mais a assuré que la France soutenait « l'élaboration urgente de mesures concrètes et crédibles, susceptibles de réduire le risque d'emploi d'armes nucléaires ».
L'ombre du traité New Start
Le traité New Start, dernier accord de maîtrise des armements liant Washington et Moscou, a expiré jeudi. Signé en 2010, il limitait chaque partie à 800 lanceurs et bombardiers lourds et 1 550 ogives stratégiques offensives déployées, avec un mécanisme de vérification. Les inspections étaient déjà suspendues depuis 2023, après l'offensive russe en Ukraine.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a parlé d'un « moment grave pour la paix et la sécurité internationales ». Donald Trump a réclamé jeudi un « nouveau traité amélioré et modernisé » avec la Russie.
La Russie et la Chine dans le viseur
Pour Marco Rubio, qui a jugé le traité New Start « obsolète », les États-Unis « négocient en position de force ». « La Russie et la Chine ne doivent pas s'attendre à ce que les États-Unis restent les bras croisés pendant qu'elles se soustraient à leurs obligations et renforcent leurs forces nucléaires », a-t-il écrit sur la plateforme Substack.
La Russie et les États-Unis concentrent à eux deux 80 % des ogives nucléaires mondiales, mais la Chine rattrape son retard à marche forcée.










