Les négociateurs iraniens sont arrivés mercredi soir à Genève à la veille de nouveaux pourparlers avec les États-Unis sur le dossier nucléaire. Malgré les propos de Donald Trump devant le Congrès sur les « sinistres ambitions nucléaires » de Téhéran, la délégation iranienne affiche son optimisme. Le président Massoud Pezeshkian évoque une « perspective favorable », espérant sortir de « cette situation ni guerre ni paix ».
Un optimisme iranien malgré les tensions
Le chef de la diplomatie Abbas Araghchi a rencontré son homologue omanais Badr al-Busaidi en marge de ces préparatifs. La veille, il avait estimé qu'un accord était « à portée de main », invoquant une « opportunité historique ». Les deux pays ont renoué le dialogue le 6 février grâce à une médiation omanaise.
Leurs précédents pourparlers avaient été interrompus par la guerre déclenchée en juin 2025 par une attaque israélienne, à laquelle Washington s'était joint en bombardant des sites nucléaires iraniens. La reprise des négociations intervient dans un contexte de défiance mutuelle.
Les accusations de Trump et les nouvelles sanctions
Téhéran a rejeté en bloc les allégations de Donald Trump prononcées lors de son discours devant le Congrès. Le président américain a accusé l'Iran d'avoir « développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases » et de poursuivre « leurs sinistres ambitions nucléaires ». Le vice-président JD Vance a conseillé à Téhéran de « prendre au sérieux » les menaces américaines.
Le ministère des Finances américain a adopté de nouvelles sanctions contre quatre Iraniens, des sociétés et douze navires. Ces mesures alourdissent la pression économique sur la République islamique à la veille des pourparlers de Genève.
Un contexte intérieur et diplomatique complexe
L'analyste Emile Hokayem, de l'Institut international d'études stratégiques (IISS), estime que Trump « semble s'être acculé lui-même ». « Si les États-Unis se repliaient sans accord, cela pourrait se faire au détriment de sa crédibilité », analyse-t-il.


Trump a aussi accusé le pouvoir iranien d'avoir tué 32 000 personnes dans la répression de janvier. L'organisation de défense des droits humains HRANA a pour sa part recensé plus de 7 000 morts. En Iran, des étudiants ont recommencé à protester, signe d'une contestation qui perdure dans le pays malgré la répression.











