Donald Trump accueille samedi douze dirigeants d'Amérique latine au Trump National Doral Golf de Miami, en Floride. Ce sommet, baptisé « Bouclier des Amériques », se tient alors que le président américain conduit une offensive militaire en Iran.
Parmi les participants figurent le président argentin Javier Milei, le dirigeant équatorien Daniel Noboa et le chef d'État du Salvador Nayib Bukele. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum et le président brésilien Lula, tous deux de gauche, ne sont pas conviés.
Immigration, narcotrafic et doctrine « Donroe »
La rencontre porte en particulier sur la lutte contre l'immigration clandestine et le trafic de drogue. Elle s'inscrit dans ce que l'administration Trump appelle la « doctrine Donroe », contraction du prénom du président et du nom de James Monroe, qui avait désigné l'Amérique latine comme la chasse gardée des États-Unis il y a plus d'un siècle.
À lire aussi
- Mar-a-Lago : un homme armé abattu par les forces de l'ordre
- Gaza : Trump réunit son « Conseil de paix » et récolte 7 milliards
La « stratégie de sécurité nationale » formulée en décembre 2025 par le gouvernement Trump prévoit de veiller à ce que les pays d'Amérique latine soient « suffisamment stables et bien gouvernés pour prévenir et décourager les migrations massives vers les États-Unis ».
Le document précise que les États-Unis
Le document précise que les États-Unis « refuseront aux concurrents non hémisphériques la possibilité de positionner des forces ou d'autres capacités menaçantes, ou de posséder ou de contrôler des actifs stratégiques » dans la région, une allusion à la Chine. Le sommet a aussi vocation à affirmer les ambitions américaines face à Pékin, à quelques semaines d'une visite de Donald Trump en Chine.
La méthode vénézuélienne comme modèle revendiqué
Le conflit au Moyen-Orient et la stratégie du président américain en Amérique latine se font écho, selon les observateurs. Donald Trump assure vouloir appliquer en Iran « la même méthode qu'au Venezuela », estimant que cela se fera « très facilement ».
Après avoir capturé le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro dans une opération présentée comme spectaculaire, l'administration Trump a décidé de traiter avec l'ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez, en particulier en matière pétrolière. Le président américain a aussi affirmé qu'après l'offensive en Iran, ce ne serait « qu'une question de temps » avant qu'il ne tourne ses regards vers Cuba.
Des alliés en quête de soutien sécuritaire
Donald Trump distribue régulièrement des soutiens aux dirigeants alignés sur sa ligne. Il appuie Javier Milei en Argentine, vante la politique sécuritaire de Nayib Bukele au Salvador et a apporté son soutien au nouveau président conservateur du Honduras, Nasry Asfura, lors de la campagne électorale.

Les États-Unis se sont par ailleurs associés vendredi à l'Équateur pour bombarder un camp d'entraînement d'une faction dissidente de la guérilla des FARC.
L'analyse
Irene Mia, experte de l'International Institute for Strategic Studies (IISS), explique que les dirigeants conviés à Miami « misent sur le soutien américain face à une criminalité organisée liée au trafic de drogue qui ne cesse de s'étendre ». Mais « sans le Mexique et le Brésil, il sera difficile de s'attaquer à ces problèmes », note-t-elle.
« Les cartels mexicains sont vraiment tout en haut de la chaîne du trafic de drogue. Et le Brésil est également important parce que les organisations de criminalité organisée y sont de plus en plus puissantes, elles contrôlent les ports et jouent un rôle clé dans le narcotrafic vers l'Europe », souligne l'experte.
Douze pays représentés, deux grands absents
Les pays représentés samedi sont l'Argentine, le Salvador, l'Équateur, la Bolivie, le Costa Rica, la République dominicaine, le Guyana, le Honduras, Panama, le Paraguay, le Chili et Trinidad et Tobago.
Donald Trump organisera aussi le sommet du G20 dans son golf de Doral cette année. La décision a été critiquée par l'opposition, la Maison Blanche assurant que le président américain n'en tirera aucun profit.














