Les Portugais étaient appelés aux urnes dimanche 8 février pour le second tour de l'élection présidentielle, un duel opposant le socialiste modéré Antonio José Seguro au leader d'extrême droite André Ventura. Le premier, crédité de 67 % des intentions de vote, se posait en rassembleur tandis que le second promettait une « rupture » avec les formations qui dirigent le pays depuis 50 ans.
Un scrutin sous les intempéries
La campagne a été profondément bouleversée par les tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines. Une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées ont reporté le vote d'une semaine, mais la majorité des quelque 11 millions d'électeurs étaient bien invités à se rendre aux urnes dimanche.
Malgré les craintes de démobilisation, la participation s'élevait à 22,35 % à la mi-journée, en légère hausse par rapport au premier tour à la même heure. « Je pense qu'ils ont fait le bon choix en décidant de maintenir les élections », a témoigné Celeste Caldeira, enseignante à la retraite de 87 ans, à l'AFP.
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Cest un manque de respect denvoyer
« C'est un manque de respect d'envoyer les gens voter aujourd'hui après ce qu'il s'est passé », a estimé de son côté André Ventura, qui avait défendu un report du vote à l'échelle nationale.
Seguro, candidat rassembleur
Antonio José Seguro, homme politique expérimenté de 63 ans, a toutefois passé la dernière décennie en retrait de la vie publique. Vainqueur du premier tour le 18 janvier avec 31,1 % des suffrages, il s'est depuis assuré le soutien de nombreuses personnalités issues de l'extrême gauche, du centre et même de la droite.

Le Premier ministre Luis Montenegro, chef du gouvernement minoritaire de droite, a cependant refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l'élimination du candidat soutenu par son parti.
Face aux craintes dabstention M
Face aux craintes d'abstention, M. Seguro a désigné ce « grand adversaire » et appelé les Portugais à se rendre aux urnes. « Profitez de cette fenêtre de beau temps », a-t-il déclaré après avoir voté à Caldas da Rainha.
Ventura et la progression de l'extrême droite
André Ventura a déjà franchi un palier historique en se qualifiant pour le second tour avec 23,5 % des voix, confirmant la progression électorale de son parti Chega (« Assez »), devenu la première force d'opposition à l'issue des législatives de mai 2025.
Alors que M. Seguro a mis en garde contre « le cauchemar » qui menacerait le pays si son adversaire l'emportait, le candidat d'extrême droite a promis de « rompre » avec le système politique traditionnel.

Un rôle d'arbitre pour le futur président
Le prochain président succèdera début mars au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, qui a appelé au vote samedi soir « afin de vaincre la catastrophe et reconstruire l'avenir ». Si le rôle du chef de l'État portugais est surtout symbolique, il dispose du pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des législatives anticipées, un levier potentiellement décisif en cas de crise politique.











