Le président taïwanais Lai Ching-te avertit dans un entretien à l'AFP, le premier accordé à une agence internationale depuis son entrée en fonctions en mai 2024, que des pays d'Asie pourraient être les prochaines cibles de la Chine si Pékin s'emparait de l'île.
« Les ambitions expansionnistes de la Chine ne s'arrêteraient pas là »
Si la Chine prenait Taïwan, Pékin deviendrait « plus agressif, compromettrait la paix et la stabilité dans la région indopacifique ainsi que l'ordre international fondé sur des règles », souligne le dirigeant. « Les prochains pays menacés seraient le Japon, les Philippines et d'autres dans la région indopacifique, avec des répercussions qui se feraient sentir jusqu'aux Amériques et en Europe. »
Pékin a condamné ces propos. « Quoi que dise ou fasse Lai Ching-te, cela ne change rien au fait historique et juridique que Taïwan fait partie du territoire chinois », a répondu le porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Lin Jian, qualifiant le président taïwanais de « créateur de crises et instigateur de guerres ».
40 milliards de dollars pour la défense
Taïwan a déjà investi des dizaines de milliards de dollars pour moderniser son armée. Le président Lai a promis de porter les dépenses militaires à plus de 3 % du PIB cette année et à 5 % d'ici 2030, avec 40 milliards de dollars de dépenses supplémentaires sur huit ans.


Ces fonds doivent financer un projet de « T-Dome », un système de défense aérienne multicouche inspiré du Dôme de fer israélien. Mais ce projet se heurtait aux réticences de l'opposition parlementaire, même si le Parti du peuple taïwanais a accepté mercredi d'envoyer le texte en commission. « Dans une société démocratique, chaque parti politique est en fin de compte responsable devant le peuple », estime M. Lai.
Purges militaires en Chine et sommet Trump-Xi
Deux hauts gradés chinois ont été évincés fin janvier, dont le général Zhang Youxia, considéré comme le plus puissant de l'armée chinoise. M. Lai reconnaît que ces annonces constituent « effectivement une situation inhabituelle » mais insiste : « Nous devons avoir la capacité de dissuader une agression de la Chine à tout moment. »



La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a suggéré en novembre que Tokyo pourrait intervenir militairement si la Chine attaquait Taïwan. Le président philippin Ferdinand Marcos a averti que l'archipel serait « inévitablement » entraîné dans un tel conflit.
À lapproche dun sommet prévu
À l'approche d'un sommet prévu en avril entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin, M. Lai se dit confiant dans le soutien américain. « Nous pensons que le président Trump mène un effort difficile en faveur de la paix », déclare-t-il, assurant que les relations avec les États-Unis sont « solides comme le roc ». Il espère aussi une coopération plus étroite avec les Européens en matière de défense.











