La bouillonnante Téhéran a pris des airs de ville morte. Depuis quatre jours, les frappes américano-israéliennes se multiplient dans la capitale iranienne, où les habitants n'ayant pas fui restent cloîtrés chez eux. Les rues sont désertes, les commerces fermés et les explosions rythment le quotidien des quelques résidents encore présents.
Des habitants terrés dans l'angoisse des bombardements
« J'ai peur de marcher dans les rues désertes car les bombes continuent de tomber du ciel », déclare Samireh, une infirmière de 33 ans. La capitale iranienne, qui compte en temps normal environ dix millions d'habitants, s'est vidée. « Il y a si peu de monde qu'on dirait que personne n'y a jamais vécu », ajoute cette femme qui préfère taire son nom de famille.
Amir, 50 ans, raconte les nuits de terreur dans son appartement : « La nuit dernière, nous avons dormi par terre, la tête protégée, au milieu de l'appartement, à distance égale des fenêtres de la chambre et du salon, pour être en sécurité si les ondes de choc brisaient les vitres. » Son épouse insiste pour rester, « en attendant de voir ce qui va se passer ».
Elnaz 39 ans souligne la difficulté
Elnaz, 39 ans, souligne la difficulté de se protéger car les raids visent aussi les résidences de policiers. « Nous ne connaissons pas tous nos voisins », dit-elle. Des appels à évacuer le quartier de la télévision d'État Irib ont été lancés par Israël sur X, mais peu d'habitants les ont vus, étant privés d'internet.
Une capitale dévastée par quatre jours de frappes
Pour la quatrième journée consécutive, de très fortes détonations ont secoué Téhéran mardi, provoquant d'épais nuages de fumée grise s'élevant dans le ciel. Les quartiers les plus touchés sont ceux qui accueillent les centres du pouvoir : ministères, tribunaux et quartier général des Gardiens de la Révolution.

L'aéroport domestique Mehrabad, proche du centre, et le palais historique du Golestan, site touristique de la capitale, ont également été frappés. L'un des principaux carrefours du centre-ville, la place Ferdowsi, est bordé de bâtiments soufflés par les explosions. Un drapeau de la République islamique a été planté dans les gravats.
À proximité un panneau géant recouvrant
À proximité, un panneau géant recouvrant tout un immeuble affiche le portrait du guide suprême Ali Khamenei, tué samedi par les frappes. Policiers, forces de sécurité armées et véhicules blindés sont positionnés aux principaux carrefours de la ville.
L'exode massif des habitants de Téhéran
Le gouvernement a appelé samedi les habitants de Téhéran à quitter la ville « en gardant leur calme », après les premières frappes. « Je dois rester car je suis infirmière, sinon j'aurais certainement déjà quitté la capitale », souligne Samireh.


Dans le nord de Téhéran, plus huppé, de nombreux habitants sont partis. Miaulements de chats et cris d'oiseaux ont remplacé le vacarme habituel des embouteillages. Cafés et restaurants, habituellement animés en soirée, sont fermés. Les rues sont désertes et la plupart des véhicules circulant approvisionnent les épiceries et petits commerces de proximité encore ouverts.
La plupart des boutiques du bazar
La plupart des boutiques du bazar de Tajrish sont fermées. Norouz, le Nouvel An persan, célébré autour du 21 mars, approche, mais les semaines traditionnellement très actives pour les commerçants sont mortes. Nasim, 35 ans, a quitté Ispahan pour Téhéran puis le nord-ouest du pays pour passer en Turquie, mais s'inquiète pour ses parents restés en Iran.











