Les dirigeants européens ont adressé vendredi un message appuyé aux États-Unis de Donald Trump, lors du premier jour de la 62e Conférence de Munich sur la sécurité. Emmanuel Macron a appelé à cesser de « caricaturer » l'Europe, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz a invité les « amis américains » à « raviver » la confiance transatlantique.
Macron et Merz en première ligne face à Washington
S'exprimant en anglais à la tribune de Munich, le président français a dénoncé les critiques adressées au vieux continent, décrit selon lui comme « une construction vieillissante, lente et fragmentée » ou « une économie surréglementée et apathique ». Il a répondu au discours prononcé un an plus tôt à la même tribune par le vice-président américain JD Vance.
« Réparons et ravivons ensemble la confiance transatlantique », a de son côté lancé Friedrich Merz. Le chancelier a toutefois mis en garde : « À l'ère de la rivalité entre grandes puissances, même les États-Unis ne seront pas assez puissants pour faire cavalier seul. »
Les négociations
Le président finlandais Alexander Stubb a estimé qu'il existait des domaines de coopération avec Washington — l'Otan, la défense, la technologie, les minéraux — tout en acceptant un « désaccord cordial » sur d'autres sujets comme les institutions internationales ou le changement climatique.
Dissuasion nucléaire et défense européenne
Friedrich Merz a révélé avoir « entamé des discussions confidentielles avec le président français au sujet de la dissuasion nucléaire européenne ». Emmanuel Macron envisage d'« articuler » la doctrine nationale française avec des « intérêts de sécurité communs » de certains pays européens. La France est, avec le Royaume-Uni, le seul pays d'Europe à disposer de l'arme nucléaire.
Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a estimé qu'« une Europe forte dans une Otan forte signifie que le lien transatlantique sera plus fort que jamais ». Volodymyr Zelensky a pour sa part insisté sur le fait que l'Europe « a besoin d'une industrie de défense indépendante ».
Ukraine, Groenland et Iran au programme
Le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga a rencontré son homologue chinois Wang Yi pour évoquer « les efforts de paix et le rôle important de la Chine pour faciliter la fin du conflit » avec la Russie. Pékin a affirmé que sa position était « constante », « promouvant activement les pourparlers de paix ».

Emmanuel Macron a souhaité une reprise du dialogue avec Moscou. Le chancelier Merz s'est dit « prêt à parler » avec la Russie « si cela apporte quelque chose », tout en observant que Moscou n'avait « pas encore la volonté d'avoir une discussion sérieuse ». Le Kremlin a annoncé que le prochain cycle de négociations entre Moscou, Kiev et Washington se tiendrait mardi et mercredi à Genève.
Sur le dossier du Groenland convoité
Sur le dossier du Groenland, convoité par Donald Trump, le secrétaire d'État Marco Rubio a rencontré la Première ministre danoise Mette Frederiksen et son homologue groenlandais Jens-Frederik Nielsen, des discussions qualifiées de « constructives ». Enfin, le secrétaire général de l'AIEA, Rafael Grossi, a estimé qu'un accord avec Téhéran sur les inspections nucléaires était « complètement possible ».











