L'Assemblee nationale venezuelienne a fait un premier pas jeudi vers l'adoption d'une loi d'amnistie generale historique couvrant les 27 ans de pouvoir chaviste, un peu plus d'un mois apres la capture de Nicolas Maduro lors d'une operation americaine.
Un vote unanime en premiere lecture
« Un evenement tres important s'est produit pour le Venezuela : l'adoption a l'unanimite par toutes les forces politiques presentes a l'Assemblee en premiere lecture de la loi d'amnistie, qui est une loi pour la paix et la reconciliation nationale », a estime en soiree la presidente par interim Delcy Rodriguez, qui l'avait promise vendredi sous pression americaine.
Le depute d'opposition Tomas Guanipa s'est enthousisme : « La loi peut etre le debut d'une etape historique. Nous pouvons faire en sorte que le Venezuela entre dans une spirale de reconnaissance mutuelle, de respect, de tolerance. »
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Liberation des prisonniers politiques et levee des ineligibilites
Le texte approuve en premiere lecture sera a nouveau debattu mardi en vue de son approbation definitive. La loi doit permettre la liberation de tous les prisonniers politiques ainsi que l'abandon des poursuites a leur encontre. Elle couvre les crimes de « terrorisme », « trahison » ou « incitation a la haine », chefs d'accusation frequemment utilises pour emprisonner les opposants.
Cette « Loi d'amnistie pour la coexistence democratique » doit aussi lever les ineligibilites infligees a de nombreux opposants, ce qui pourrait en principe beneficier a la cheffe de l'opposition et Nobel de la paix, Maria Corina Machado.
Les violations graves des droits humains exclues
L'amnistie ne s'applique pas aux « violations graves » des droits humains commises en 27 ans de gouvernement d'inspiration socialiste. Sont exclus les « violations graves des droits de l'homme, les crimes contre l'humanite, les crimes de guerre, l'homicide intentionnel, la corruption et le trafic de stupefiants ».

Le president de l'Assemblee nationale Jorge Rodriguez a declare en brandissant une photographie de Hugo Chavez : « Nous demandons pardon et nous devons aussi pardonner. »
Le fils de Maduro approuve depuis sa prison
« Nicolasito », le fils du president dechu Nicolas Maduro, qui attend son proces dans une prison de New York pour narcotrafic, a declare lors des debats « etre d'accord » avec le fait que « le Venezuela ne supportera pas une vengeance de plus ». Il a affirme : « Le Venezuela doit se mettre sur la bonne voie, avec l'amour en premier, avec la reconciliation et avec la paix consolidee. »

Des centaines de prisonniers encore detenus
Depuis debut janvier, quelque 350 prisonniers politiques ont ete liberes selon l'ONG Foro Penal, mais pres de 700 restent encore incarceres et des dizaines de familles continuent a camper devant les prisons en attendant la liberation de leurs proches.
Devant le Palais de justice, Angel Godoi, 52 ans, prisonnier politique libere le 14 janvier, insiste sur une liberte totale : « Dans mon cas, je dois me presenter tous les 30 jours aux autorites, et j'ai en outre l'interdiction de quitter le pays. » Alfredo Romero, directeur de Foro Penal, souligne qu'il ne faut pas « qu'un processus de reconciliation devienne un processus de persecution contre ceux qui detenaient le pouvoir auparavant ».










