La lave du Piton de la Fournaise a plongé dans l'océan Indien dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 mars 2026, vers 00h20 heure locale. Ce phénomène, le premier en 19 ans sur l'île de La Réunion, offre un spectacle saisissant : des panaches de vapeur s'élèvent au point de contact entre la roche en fusion et l'eau de mer.
Un mois d'éruption et une progression inexorable
Le Piton de la Fournaise, l'un des volcans les plus actifs de la planète, est entré en éruption le 13 février 2026 vers 10h00, sur son flanc sud-est. Il s'agit de sa deuxième éruption de l'année. Pendant près d'un mois, la coulée de lave a progressé à travers le Grand Brûlé, le vaste champ de lave qui descend vers la côte.
Le 13 mars, vers 6 heures du matin, le front de lave a atteint la route nationale 2, surnommée « route des Laves ». Trois bras de coulée ont traversé la chaussée sur environ 260 mètres de largeur, coupant l'un des axes routiers principaux reliant Sainte-Rose à Saint-Philippe. Le préfet de La Réunion a activé la phase d'alerte 2.2 du dispositif ORSEC volcan et s'est rendu sur place.
La rencontre entre la lave et l'océan : un phénomène rare
Trois jours après avoir coupé la route, la lave a poursuivi sa descente jusqu'à l'océan. Le contact entre la roche en fusion, dont la température dépasse 1 150 °C, et l'eau de mer provoque un choc thermique qui génère d'importants panaches de vapeur mêlée de gaz volcaniques. Ce brouillard, appelé « laze » (contraction de « lava » et « haze »), contient de l'acide chlorhydrique et de fines particules de verre volcanique.
Selon les observations de l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF), la lave réchauffe partiellement l'océan sur une vingtaine de mètres au large. La dernière fois que la lave du Piton de la Fournaise avait atteint la mer remonte à 2007.
Ce type de phénomène peut contribuer à la formation de nouvelles terres. Lors d'éruptions précédentes, notamment en 2007, l'accumulation de lave solidifiée dans l'eau avait agrandi le littoral de l'île de plusieurs hectares.
Des visiteurs attirés malgré les interdictions
Le spectacle attire de nombreux curieux. Des habitants et des touristes se pressent pour observer les coulées incandescentes, parfois au mépris des consignes de sécurité. Les autorités rappellent que les zones proches de l'éruption sont interdites d'accès en raison des risques liés aux émanations toxiques du laze, aux projections et à l'instabilité du terrain.
Le Piton de la Fournaise, qui culmine à 2 632 mètres, entre en éruption en moyenne une à deux fois par an. Son activité, de type effusif, produit des coulées de lave basaltique qui s'écoulent le long de ses pentes sans provoquer d'explosion. Depuis le début de cette éruption, aucune victime n'a été signalée.
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