Emmanuel Macron s'est rendu lundi 9 mars à bord du porte-avions Charles de Gaulle, redirigé sur son ordre vers la Méditerranée orientale, pour détailler la réponse militaire française à la guerre au Moyen-Orient. Après une escale à Chypre, le chef de l'État a confirmé un déploiement aéronaval d'une ampleur rare : huit frégates, deux porte-hélicoptères amphibies et le groupe aéronaval du Charles de Gaulle.
Un dispositif aéronaval massif en trois zones
Le déploiement français couvre une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d'Ormuz. « Nous nous mettons en situation » pour inscrire les forces françaises dans la durée, a déclaré Macron. Selon le président, la guerre « durera à coup sûr dans cette phase intense plusieurs jours, peut-être plusieurs semaines ».
L'objectif annoncé est triple : protéger les ressortissants français dans la région, défendre les alliés — dont Chypre, touchée par un drone iranien — et soutenir les pays du Golfe visés par les représailles de Téhéran. « Il y a eu des interceptions qui ont continué ces derniers jours » de la part des forces françaises, a précisé le chef de l'État sans détailler.
Une mission défensive pour rouvrir le détroit d'Ormuz
Macron a annoncé la mise en place d'une « mission purement défensive, purement d'accompagnement », destinée à permettre « l'escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz ». Par ce passage stratégique transitent environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Cette mission « strictement pacifique » est préparée avec des partenaires européens, mais des discussions sont également en cours avec l'Inde et d'autres pays asiatiques. Le Charles de Gaulle pourra être appelé à se déployer vers Ormuz si cette mission se concrétise.
Chypre et la solidarité européenne
« Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée », a martelé Macron lors d'une visite à l'aéroport militaire de Paphos, aux côtés du président chypriote Nikos Christodoulides. Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a invité ses « collègues européens à renforcer » l'opération Aspides en mer Rouge avec « davantage de moyens flottants ».

La France y contribuera « dans la durée » avec deux frégates, contre une actuellement, tandis que l'UE s'est dite disposée « à adapter et à renforcer davantage » ses missions de protection maritime.
L'appel au cessez-le-feu au Liban
Macron a réitéré son appel au Hezbollah pro-iranien à « cesser toutes frappes depuis le sol libanais ». « Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban », a-t-il insisté, pour permettre « aux forces armées libanaises seules légitimes d'assurer la sécurité de leur sol ».

Sur le conflit lui-même, le président a estimé : « Je ne pense pas qu'on puisse avoir des changements profonds de régime, de système politique uniquement par des bombardements. » Il s'était entretenu la veille avec le président iranien Massoud Pezeshkian, puis avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.











