L'affaire Epstein continue de provoquer des développements judiciaires en France. Alors que Jack Lang faisait lundi matin ses adieux à l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, des perquisitions y étaient menées, sur fond de liens financiers présumés de l'ancien ministre avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Les perquisitions et la réaction de Jack Lang
« Je me réjouis que la justice financière se mette en branle », a déclaré Jack Lang dans son discours, sans faire référence explicitement aux perquisitions, a constaté un journaliste de l'AFP. « Je suis totalement serein, confiant », a ensuite confié à l'AFP l'ex-ministre de 86 ans, assurant n'avoir « rien à cacher ».
Les perquisitions, à l'IMA et ailleurs, se déroulent dans le cadre d'investigations confiées à l'Office national anti-fraude (ONAF), a précisé le patron du parquet national financier (PNF) Pascal Prache dans un communiqué. Le domicile parisien de Jack Lang est également perquisitionné, selon une source proche du dossier.
L'enquête
Le PNF avait ouvert le 6 février une enquête pour soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant l'ancien ministre et sa fille, Caroline Lang.
Les liens documentés avec Jeffrey Epstein
Si aucune charge ne pèse à ce stade contre Jack Lang, qui a quitté la tête de l'IMA récemment sous la pression, les documents rendus publics par la justice américaine mentionnent son nom à 673 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein, et révèlent des liens d'intérêt avec le financier américain, mort en détention en 2019.
Selon une enquête publiée le 2 février par Mediapart, Caroline Lang a fondé en 2016 avec Jeffrey Epstein une société offshore domiciliée aux îles Vierges américaines. Elle avait qualifié Jeffrey Epstein de « connaissance » et de « mécène généreux », assurant n'avoir perçu « aucune rémunération, ni aucun bénéfice de ce fonds ».
Le gouvernement français avait salué
Le gouvernement français avait salué le 8 février la démission de Jack Lang. Les services d'Emmanuel Macron avaient demandé à l'ex-ministre socialiste de « penser à l'institution » qu'il dirigeait, après les révélations des dossiers Epstein publiés aux États-Unis le 30 janvier.
« Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai », avait insisté Jack Lang dans un courrier adressé au ministre des Affaires étrangères, dont dépend l'IMA.
Les ramifications judiciaires en France
Le parquet de Paris a annoncé ce week-end avoir désigné des magistrats référents pour examiner d'éventuelles infractions impliquant des Français et réanalyser « intégralement » le dossier d'instruction de l'ex-agent de mannequins Jean-Luc Brunel, mort en détention en 2022.
Le parquet a souligné que les faits potentiels peuvent être « de diverses natures, notamment à caractère sexuel ou à caractère financier » et travaille « en coordination avec le PNF et en lien avec la direction nationale de la police judiciaire ».
Trois nouvelles affaires citées dans
Trois nouvelles affaires citées dans la presse ont été confiées au parquet : elles visent le diplomate Fabrice Aidan, le recruteur de mannequins Daniel Siad et le chef d'orchestre Frédéric Chaslin.
Concernant Fabrice Aidan, une enquête cherche à « étayer » un signalement du ministère des Affaires étrangères, après des révélations de Mediapart et Radio France selon lesquelles ce diplomate avait fait bénéficier Jeffrey Epstein « d'informations diplomatiques, de services ou de ses réseaux à l'international ».
Le parquet analyse également la plainte d'une Suédoise contre Daniel Siad, qu'elle accuse de viol en France dans les années 1990. Une autre plainte vise Frédéric Chaslin pour « des faits de harcèlement sexuel qui auraient été commis en 2016 ».
Par ailleurs le ministre français des
Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, reçoit lundi trois « candidats présélectionnés » pour diriger l'Institut du monde arabe.











