Samedi 9 mars, une explosion devant la synagogue de Liège. Jeudi 13 mars, un incendie volontaire à la synagogue de Rotterdam. Vendredi 14 mars, un engin explosif devant une école juive à Amsterdam. En cinq jours, trois lieux de la communauté juive du Benelux ont été visés. Aucune victime n'est à déplorer, mais la séquence interroge : coïncidence, contagion ou coordination ?
Liège, 9 mars : l'explosion qui ouvre la série
Dans la nuit du 8 au 9 mars, une explosion endommage la façade de la synagogue de Liège, en Belgique. Aucun blessé. Le Premier ministre belge Alexander De Croo qualifie l'acte d'« antisémite abject ». Le parquet fédéral belge ouvre une enquête pour tentative de destruction par explosif à caractère terroriste.
Quelques jours plus tard, une vidéo de revendication circule sur les réseaux sociaux. Un groupe se présentant sous le nom de « Mouvement Islamique des Compagnons de la Droite » (IMCR, ou Ashab Al-Yamim en arabe) s'attribue l'attaque. L'authenticité de la revendication n'a pas été confirmée par les enquêteurs.
Rotterdam, 13 mars : quatre adolescents arrêtés
Quatre jours plus tard, un incendie volontaire ravage une partie de la synagogue de Rotterdam, aux Pays-Bas. Quatre suspects, âgés de 17 à 19 ans, sont arrêtés dans les heures qui suivent. Selon la Jewish Telegraphic Agency (JTA), le même groupe IMCR revendique l'attaque par une vidéo distincte.
Les enquêteurs néerlandais établissent rapidement « plusieurs liens » avec l'explosion de Liège, a rapporté la RTBF. Le parquet fédéral belge confirme être en contact avec les autorités judiciaires néerlandaises pour croiser les pistes.
Amsterdam, 14 mars : une école juive visée
Dans la nuit du vendredi au samedi, un engin explosif est déposé devant l'école juive Cheider, à Buitenveldert, dans le sud d'Amsterdam. Deux suspects repérés sur les caméras de vidéosurveillance sont arrivés en scooter. L'un d'eux a déposé l'engin avant de repartir.
La maire d'Amsterdam, Femke Halsema, a dénoncé un « acte lâche d'agression » et une « attaque ciblée contre la communauté juive ». Aucune revendication n'a été publiée pour cette troisième attaque au moment de la publication de cet article.
Le contexte : la guerre au Moyen-Orient comme accélérateur
Israël a réagi à la séquence en dénonçant une « vague d'antisémitisme » en Europe. Le Combat Antisemitism Movement (CAM) a comptabilisé 154 incidents antisémites en Europe au cours de la première semaine de mars 2026, dont la moitié seraient liés au conflit au Moyen-Orient.
Amsterdam avait déjà été le théâtre de violences contre des supporters du Maccabi Tel-Aviv en novembre 2024, un épisode qui avait provoqué une crise diplomatique entre les Pays-Bas et Israël. Le quartier de Buitenveldert, où se trouve l'école visée, concentre une part importante de la communauté juive amstellodamoise.
Le lien entre les trois attaques n'est pas établi judiciairement. Mais la chronologie, la proximité géographique (Benelux), la nature des cibles (lieux de culte et d'éducation) et la revendication par un même groupe de deux des trois actes dessinent un schéma que les services de renseignement prennent au sérieux.
Des réponses attendues
Le parquet fédéral belge et le parquet national néerlandais coopèrent sur le volet terroriste. L'identification des membres du groupe IMCR/Ashab Al-Yamim est en cours. Les deux suspects de l'attaque d'Amsterdam n'ont pas été interpellés.
En Belgique, le niveau de menace pour les lieux de culte juifs a été relevé. Aux Pays-Bas, le coordinateur national pour le contre-terrorisme (NCTV) a renforcé la surveillance des synagogues et des écoles juives sur l'ensemble du territoire.











