Le président israélien Isaac Herzog a entamé lundi une visite de quatre jours en Australie sous haute tension sécuritaire. Venu rendre hommage aux 15 victimes de l'attentat de Bondi le 14 décembre 2025, le dirigeant a fait face à des manifestations propalestiniennes à Sydney et Melbourne, marquées par des heurts avec les forces de l'ordre.
Hommage aux victimes de Bondi
Isaac Herzog et son épouse Michal ont déposé une gerbe sous la pluie au Bondi Pavilion, sur les lieux de la fusillade qui a endeuillé la communauté juive australienne. Parmi les victimes figuraient un rescapé de la Shoah de 87 ans, un couple ayant tenté d'arrêter l'un des assaillants et une enfant de dix ans.
« Nous vaincrons ce mal », a déclaré le chef de l'État israélien. « Les liens entre les gens de bien, de toutes confessions et de toutes nations, resteront solides face à la terreur, à la violence et à la haine. »
À lire aussi
- Iran : l'UE inscrit les Gardiens de la révolution comme « terroristes »
- Sommet « Bouclier des Amériques » : Trump réunit douze alliés latinos
Sajid Akram et son fils Naveed
Sajid Akram et son fils Naveed, auteurs présumés de l'attentat, étaient inspirés par l'idéologie du groupe jihadiste État islamique. Le premier a été tué par la police, le second a été inculpé pour crimes terroristes et meurtres.
Heurts avec les manifestants propalestiniens
Face aux appels à manifester du groupe Palestinian Action, les autorités avaient mobilisé un important dispositif de sécurité. La police de Sydney a utilisé du gaz poivre pour disperser les participants à la marche lorsque le cortège a tenté de s'écarter du parcours autorisé. Des journalistes, dont certains de l'AFP, ont également été visés par les jets de gaz.
Les manifestants accusaient M. Herzog de « génocide » à Gaza et réclamaient son arrestation conformément aux engagements internationaux de Canberra. Une autre manifestation se tenait simultanément à Melbourne, demandant la fin de l'« occupation » des territoires palestiniens.

Un pays divisé
La visite a ravivé les tensions au sein même de la communauté juive australienne. Le Conseil exécutif des juifs australiens, principale organisation représentative, a salué la venue du président israélien. En revanche, le Conseil juif d'Australie, plus libéral, l'a désavouée, reprochant au chef d'État « la destruction en cours de Gaza ».
Le Premier ministre Anthony Albanese, qui avait présenté ses excuses en décembre pour avoir laissé l'antisémitisme prospérer, a appelé à l'unité. « Je pense que les gens veulent que les vies innocentes soient protégées, qu'elles soient israéliennes ou palestiniennes, mais ils veulent aussi que le conflit ne soit pas importé ici », a-t-il plaidé.
La question de l'immunité
Une commission d'enquête indépendante de l'ONU a établi en 2025 qu'Israël commettait un génocide à Gaza depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023, affirmant que M. Herzog et d'autres dirigeants israéliens avaient « incité à commettre un génocide ». Israël a rejeté « catégoriquement » ces accusations, dénonçant un « rapport biaisé et mensonger ». La police fédérale australienne a accordé une « immunité complète » au dirigeant pour la durée de sa visite.












