Au milieu des ruines et des tentes alignées à perte de vue, les Palestiniens de Gaza ont allumé des lanternes et accroché des décorations multicolores. Le ramadan, qui a commencé mercredi, apporte de timides moments de joie après deux ans de bombardements.
Prières sous les tirs
Avant le lever du jour, des fidèles se sont rassemblés dans la grande mosquée Omari de Gaza-ville pour ce premier ramadan depuis le cessez-le-feu du 10 octobre entre Israël et le Hamas. « Même cette nuit, quand le secteur a été frappé, nous avons décidé de venir pour adorer Dieu », raconte Abou Adam, un habitant du nord du territoire.
Après plus de quatre mois de cessez-le-feu, les tirs et les frappes restent quotidiens dans la bande de Gaza, chaque camp accusant l'autre de violer la trêve. Pour les plus de deux millions de Gazaouis, la reconstruction se fait attendre, tout comme la levée du siège imposé par Israël.
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Des « sentiments partagés »
Nivine Ahmed, 50 ans, installée sous une tente dans le camp de déplacés d'Al-Mawasi, confie accueillir ce « premier ramadan sans guerre en trois ans » avec des « sentiments partagés ». « Notre joie est étouffée. Ceux qui ont été tués, qui sont portés disparus nous manquent », dit-elle. Si certains marchés se sont remplis, les prix restent élevés et les mets de fête inaccessibles.
D'autres se réjouissent malgré tout. « Les chants emplissent les rues, les décorations illuminent les tentes. Ma fille m'a dit : Maman, notre tente est devenue la plus belle des tentes », raconte Khitam Ayada, 30 ans, déplacée de Beit Lahia.
« Bienvenue au ramadan »

Sur la plage à Deir el-Balah, l'artiste Yazeed Abu Jard, 31 ans, a sculpté dans le sable un message géant : « Bienvenue au ramadan ». « Nous disons au monde entier que nous allons bien », explique-t-il. Mohammed al-Madhoun, 43 ans, espère un avenir meilleur sous sa tente : « J'espère que ce ramadan sera le dernier que nous passerons sous les tentes. Nous essayons de trouver de la joie malgré tout. »











