Un engin explosif a été déposé ou lancé devant l'une des portes principales de la synagogue de Liège dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars, vers 4 heures du matin. L'explosion n'a fait aucun blessé mais a « soufflé les vitres et la porte » en bois du bâtiment classé, inauguré en 1899, selon le rabbin Joshua Nejman. Le parquet fédéral belge, chargé de l'enquête, a évoqué des « indices possibles d'une infraction terroriste ».
Ce que l'on sait de l'explosion
L'explosion s'est produite vers 4 heures (3h GMT) devant la synagogue de la rue Léon Frédéricq à Liège. L'engin a causé d'importants dégâts matériels : vitres soufflées sur plusieurs bâtiments alentour, porte en bois détruite. Aucun blessé n'est à déplorer, le bâtiment étant vide à cette heure.
Des enquêteurs de la police judiciaire fédérale spécialisés dans l'antiterrorisme ont été dépêchés sur les lieux. Un périmètre de sécurité a été rapidement établi par la police de Liège. Les « circonstances précises des faits font actuellement l'objet d'une enquête approfondie », a indiqué le parquet fédéral.
Réactions politiques unanimes
Le Premier ministre belge Bart De Wever a réagi sur le réseau social X, qualifiant l'attaque d'« acte antisémite abject » et affirmant que l'antisémitisme est « une attaque contre nos valeurs et notre société » qui « doit être combattu sans ambiguïté ». Le gouvernement belge a annoncé le renforcement des mesures de sécurité autour de « sites similaires ».
Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, s'est indigné de cet « acte antisémite » et a mis en garde contre « une importation des conflits qui se passent ailleurs », en allusion à la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran.
L'Union européenne a « condamné fermement » l'attaque par la voix du commissaire Magnus Brunner. L'ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White, a annoncé se rendre sur place et a écrit sur X : « L'antisémitisme sous toutes ses formes doit être condamné. »
Un contexte de tensions liées au Moyen-Orient
L'explosion intervient dans un contexte de montée des actes antisémites en Europe, exacerbé par les conflits au Moyen-Orient. Selon l'institution belge de lutte contre la discrimination Unia, 192 faits présumés d'antisémitisme ont été signalés en Belgique en 2025, après un record de 277 en 2024, année marquée par la guerre à Gaza.
Les organisations juives de Belgique ont dénoncé un « attentat antisémite » et un « signal d'alarme impératif » pour les autorités. La communauté juive belge compte environ 40 000 personnes, principalement à Anvers et Bruxelles. Les lieux de culte avaient déjà fait l'objet de mesures de sécurité renforcées après l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
La synagogue de Liège, bâtiment classé, est aussi un musée présentant l'histoire de la communauté juive dans la ville. Les enquêteurs doivent désormais déterminer si l'attaque est un acte isolé ou s'inscrit dans un réseau plus large.













