Le réseau électrique de Cuba a été reconnecté jeudi à l'aube, au lendemain d'une panne qui avait plongé les deux tiers du territoire dans le noir. Le rétablissement du courant reste toutefois lent, alors que l'île fait face à une pénurie de carburant sans précédent.
Le centre et l'ouest du pays, y compris La Havane et ses 1,7 million d'habitants, étaient privés d'électricité depuis mercredi midi après la déconnexion « inattendue » de la centrale Antonio Guiteras, la principale de l'île.
Une reconnexion progressive de Guantanamo à Pinar del Rio
« À 05h01 (10h01 GMT) ce matin, le système électrique national est interconnecté depuis Guantanamo jusqu'à Pinar del Rio », les deux provinces de l'extrême est et ouest de l'île, a annoncé le ministère de l'Énergie et des mines sur X. « L'incorporation d'unités de génération électrique se poursuit » pour alimenter la population, a-t-il précisé.
Plusieurs quartiers de La Havane disposaient de courant jeudi matin, mais le rétablissement demeure lent en raison de la faible génération électrique, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les autorités ont reconnu que si la panne de la centrale a été « le détonateur » de la coupure massive, « la cause fondamentale est la faiblesse du système électrique par manque de carburant ».
Une crise énergétique aggravée par les tensions avec Washington
L'île de 9,6 millions d'habitants subit depuis plus de deux ans des coupures massives récurrentes, dont certaines ont affecté l'ensemble du territoire pendant plusieurs jours. Cette nouvelle panne intervient dans un contexte de tension accrue avec les États-Unis.
Les délestages quotidiens se sont considérablement aggravés après la capture par les forces américaines, en janvier, du président vénézuélien Nicolas Maduro. Cet événement a entraîné l'arrêt, sous la pression de Washington, des livraisons de pétrole vénézuélien vers l'île. Aucun bateau chargé de pétrole n'est officiellement entré à Cuba depuis le 9 janvier.
La capitale cubaine a connu ces
La capitale cubaine a connu ces derniers jours des délestages de plus de 15 heures, pouvant dépasser une journée entière en province. Les autorités ont dû prendre des mesures de rationnement et de réorganisation des activités économiques et sociales.
Un bras de fer entre La Havane et Washington
Pour justifier sa politique, Washington invoque une « menace exceptionnelle » que Cuba, située à 150 km des côtes de la Floride, ferait peser sur la sécurité nationale américaine. La Havane accuse en retour Donald Trump de vouloir « asphyxier » l'économie de l'île communiste, sous embargo américain depuis 1962 et confrontée à un renforcement des sanctions ces dernières années.












