La police de Londres a procédé mercredi 4 mars à l’arrestation de trois hommes soupçonnés d’espionnage au profit de la Chine. Parmi eux figure David Taylor, lobbyiste de profession et conjoint de la députée travailliste écossaise Joani Reid. Les interpellations ont eu lieu à Londres et au Pays de Galles, dans le cadre d’une enquête menée par la section antiterroriste.
Le ministre en charge de la Sécurité, Dan Jarvis, a évoqué ces arrestations devant le Parlement. Joani Reid a réagi par communiqué en prenant ses distances avec les activités de son mari. « Je ne suis pas impliquée dans les activités professionnelles de mon mari, et ni moi ni mes enfants ne sommes impliqués dans cette enquête », a-t-elle souligné. « Je n’ai jamais rien vu qui me fasse soupçonner que mon mari ait enfreint la loi ».
Une affaire embarrassante pour le gouvernement Starmer
La cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a affirmé que l’un des deux autres hommes arrêtés était « le conjoint d’une ex-députée travailliste », sans le nommer. Si cette information se confirmait, elle rendrait l’affaire plus embarrassante encore pour Keir Starmer.
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Le gouvernement travailliste fait déjà face à des critiques sur sa gestion des relations avec Pékin. Quelques mois plus tôt, l’abandon controversé de poursuites contre deux Britanniques, dont l’un travaillait au Parlement, soupçonnés d’espionnage pour la Chine, avait provoqué une vague d’accusations de complaisance. L’opposition conservatrice et l’administration Trump avaient accusé le gouvernement d’avoir fait capoter l’accusation pour ménager ses relations avec Pékin.
Les réactions
Les critiques avaient été ravivées par le feu vert donné en janvier à la construction d’une super-ambassade chinoise à Londres, puis par le voyage de Keir Starmer en Chine, une première pour un dirigeant britannique depuis 2018.
Pékin proteste, Londres affirme sa détermination
Interrogé, un porte-parole de l’ambassade de Chine à Londres a fustigé « ceux qui au Royaume-Uni fabriquent des soi-disant “affaires d’espionnage” pour calomnier la Chine », et annoncé avoir « protesté officiellement » auprès des autorités britanniques.
Dan Jarvis a répondu devant le Parlement que ces arrestations témoignaient de la détermination du gouvernement à « lutter contre les ingérences » d’États étrangers, en particulier la Chine. « Nous restons très préoccupés par la hausse des activités clandestines menées par des acteurs liés à l’État chinois ciblant la démocratie britannique », a-t-il affirmé.
L'enquête
La cheffe de la police antiterroriste londonienne, Helen Flanagan, a précisé que ces arrestations « s’inscrivent dans le cadre d’une enquête proactive » et que, « bien qu’il s’agisse de faits graves, nous ne pensons pas qu’il y ait de menace directe ou imminente pour la population ». Des perquisitions ont été menées aux adresses des suspects ainsi qu’à trois autres adresses à Londres, Cardiff et près de Glasgow.
Un procès pour espionnage chinois s’ouvre le même jour
Par coïncidence de calendrier, cette affaire survient le jour de l’ouverture à Londres du procès de deux autres hommes accusés d’avoir aidé les renseignements chinois. Bill Yuen, 65 ans, et Peter Wai, 38 ans, binationaux sino-britanniques, sont accusés d’avoir mené des « opérations de police clandestines » pour surveiller des Hongkongais installés au Royaume-Uni.
Selon le procureur Duncan Atkinson, les deux hommes se seraient « livrés à des opérations de police dissimulée pour le compte de la Région administrative spéciale de Hong Kong, et par conséquent de la République populaire de Chine ».











