L’Afghanistan et le Pakistan continuent de s’affronter le long de leur frontière commune, selon des habitants et des responsables afghans interrogés dimanche par l’AFP. Les combats s’accompagnent de frappes aériennes pakistanaises sur le sol afghan, d’incursions aériennes et de bombardements sur l’ancienne base américaine de Bagram.
Entrée en guerre et frappes sur Bagram
Après des mois d’accrochages, les deux pays sont entrés en guerre jeudi lorsque Kaboul a lancé une attaque à la frontière, déclenchant des frappes aériennes pakistanaises en riposte. Le Pakistan a déclaré la « guerre ouverte » aux autorités talibanes, les accusant d’abriter des militants armés, ce que Kaboul dément.
Au nord de Kaboul, des frappes aériennes « ont touché la base aérienne de Bagram », selon un habitant. « C’était très puissant, il y avait de la fumée et du feu au nord de la base » lors de ce raid « terrifiant » à l’aube, a-t-il témoigné. Le porte-parole provincial a indiqué qu’il n’y avait ni victimes ni dégâts.
À lire aussi
- Mexique : « El Mencho », patron du cartel CJNG, abattu
- Syrie : les Kurdes face à la fin de leur rêve d'autonomie
Victimes civiles et combats dans l’est afghan
Outre trois civils tués dans des frappes de drones et d’artillerie dimanche, 36 civils sont morts depuis jeudi dans les provinces de Khost, Kunar et Paktika, selon Hamdullah Fitrat, porte-parole adjoint du gouvernement taliban.
À Asadabad, chef-lieu de la province de Kunar, un jeune homme de 18 ans, Sajid, a raconté la mort de son frère : « Il est tombé en martyr près de la mosquée au moment où il cherchait à partir. »
Le Pakistan a reconnu vendredi avoir
Le Pakistan a reconnu vendredi avoir bombardé Kaboul et Kandahar, ville du sud où réside le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada. Des ouvriers du bâtiment dans la région rurale de Kandahar ont raconté avoir été visés par deux frappes aériennes, qui ont fait trois morts.
Échec de la médiation et soutien américain au Pakistan
Les efforts diplomatiques de médiation, notamment de l’Arabie saoudite et du Qatar, ont échoué. Les États-Unis ont dit soutenir le Pakistan dans son droit « à se défendre contre les attaques des talibans ».
Islamabad se défendra « en toutes circonstances », a réaffirmé samedi le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, indiquant que 46 lieux avaient été ciblés en Afghanistan depuis le début des opérations.
Kaboul a dit vendredi vouloir
Kaboul a dit vendredi vouloir « le dialogue » tout en affirmant avoir effectué des frappes aériennes en territoire pakistanais. Le gouvernement taliban affirme que ses forces ont tué plus de 80 soldats pakistanais et en ont capturé 27. Islamabad affirme de son côté avoir tué plus de 400 soldats afghans.
La pire escalade depuis octobre
Cet épisode de violence entre les deux voisins est le pire depuis octobre, lorsque plus de 70 personnes étaient mortes au total des deux côtés de la frontière, depuis en grande partie fermée.
« Nous demandons à la communauté internationale et au monde entier de faire pression sur le Pakistan pour qu’il mette fin à la guerre », a déclaré Javed, un déplacé de 46 ans de la province de Khost.











