Le Pakistan a mené de nouveaux bombardements sur Kaboul et d'autres régions d'Afghanistan vendredi, faisant six morts dont plusieurs femmes. Le conflit entre les deux pays, qui s'intensifie depuis le 26 février, a déjà tué 56 civils afghans selon les Nations unies.
Bombardements nocturnes sur Kaboul et Kandahar
Des sources de sécurité pakistanaises ont confirmé à l'AFP avoir mené des bombardements nocturnes visant quatre « camps terroristes et infrastructures de soutien » au TTP (mouvement des talibans pakistanais) à Kaboul, Kandahar et dans la province orientale de Paktia.
À Kaboul, quatre personnes ont été tuées et quinze blessées « par un bombardement du régime pakistanais » qui a touché des « maisons civiles » dans l'est de la ville, a indiqué le porte-parole de la police Khalid Zadran sur X. Dans la province de Nangarhar, une femme et un enfant ont été tués par un obus pakistanais, selon le porte-parole de la police Sayed Tayeeb Hammad.
À Kandahar, les frappes ont touché le dépôt pétrolier de la compagnie aérienne Kam Air, près de l'aéroport. Le Pakistan évoque « une infrastructure terroriste incluant un dépôt pétrolier ». « C'est un dépôt pétrolier pour les avions civils comme ceux de l'ONU ou du Comité international de la Croix-Rouge », a rétorqué le responsable de l'aéroport Shafiullah Riyaz.
Civils pris entre deux feux
Dans le quartier de Guzar (21e district de Kaboul), une équipe de l'AFP a constaté une maison complètement détruite et une dizaine d'autres très endommagées, avec toits et murs effondrés. « Deux hommes et deux femmes sont morts en martyrs », a déclaré Abdul Rahim Tarakhil, représentant du district. « Il n'y a pas de poste militaire ici, il n'y a que des gens ordinaires pauvres qui ne sont pas impliqués dans la politique », a-t-il affirmé.

Abdul Wahid, 29 ans, ouvrier blessé dans les frappes, a témoigné auprès de l'AFP : « Il était environ minuit dix, je suis allé faire mes ablutions quand un bruit est venu d'une autre maison. Toutes les briques sont tombées sur moi, les femmes et les enfants. » Quatre membres de sa famille ont été blessés. Il plaide pour un règlement par le dialogue alors que l'Aïd el-Fitr, fête de fin du ramadan, approche.
Un conflit qui s'intensifie depuis février
Islamabad accuse depuis des mois l'Afghanistan d'accueillir des combattants du TTP, responsables de nombreuses attaques meurtrières au Pakistan. Les autorités talibanes afghanes démentent. En octobre 2025, les combats avaient fait des dizaines de morts et abouti à la fermeture quasi totale de la frontière terrestre.
Le conflit s'est de nouveau aggravé le 26 février lorsque l'Afghanistan a lancé une offensive frontalière en réponse à des frappes aériennes pakistanaises. Le Pakistan a alors déclaré la « guerre ouverte », bombardant Kaboul le 27 février.
Le centre de transit de l'Organisation internationale des migrations (OIM) au point frontière de Torkham a été « significativement endommagé », a déploré l'organisation jeudi. Selon un bilan de l'ONU arrêté au 5 mars, 56 civils afghans dont 24 enfants ont été tués depuis l'escalade, et au moins 115 000 personnes ont été déplacées. Ce conflit s'ajoute aux tensions régionales, alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans son 14e jour.











