Le 28 février 2023, à 23 h 22, dans la vallée de Tempé, un train de marchandises entrait en collision frontale avec un train convoyant quelque 350 personnes d'Athènes à Thessalonique. Le choc avait fait 57 morts, principalement des étudiants revenant des festivités du carnaval. Trois ans plus tard, la colère ne s'est pas apaisée.
Des rassemblements massifs dans tout le pays
« Justice pour les morts ! », a lancé le président de l'Association des familles des victimes, Pavlos Aslanidis, à la foule qui venait d'observer une minute de silence. « Face à la tentative de dissimulation des responsabilités, nous opposons notre unité et notre détermination de ne pas reculer afin que la vérité éclate enfin », a ajouté ce père endeuillé.
À Athènes, la manifestation devant le Parlement a réuni plus de 40 000 personnes, selon la police. Elle a été émaillée d'échauffourées entre des manifestants qui ont jeté des cocktails Molotov et des policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, a constaté l'AFP.
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À Thessalonique deuxième ville du pays
À Thessalonique, deuxième ville du pays, quelque 25 000 personnes étaient rassemblées. Des îles de Crète à Corfou, des dizaines de rassemblements ont eu lieu. Aucun train ni ferry ne circulait ce samedi.
Une colère alimentée par le fiasco judiciaire
Trois ans après l'accident, les Grecs réclament des comptes à des responsables politiques accusés d'incurie et de dissimulation. Deux anciens membres du gouvernement Mitsotakis font l'objet d'une procédure, mais aucun n'a encore comparu devant un tribunal.


La cheffe du Parquet européen, Laura Kövesi, a assuré que cette collision aurait pu être évitée si le système de signalisation avait été modernisé dans les temps avec les fonds de l'UE. Des preuves précieuses ont été perdues quand, quelques jours après la collision, le site a été rasé au bulldozer.
Le bilan humain
« Au-delà de la douleur due à la perte de nos proches, il y a ce sentiment d'être bafoués, méprisés, et celui que ce crime, comme les autres, sera étouffé », avait confié à l'AFP Maria Karystianou, mère d'une victime qui s'apprête à lancer un parti politique.
Le procès attendu le 23 mars
Une quarantaine de personnes, dont le chef de gare en poste ce soir-là, doivent être jugées à partir du 23 mars. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a reconnu samedi « les lacunes et les erreurs » de l'État et réclamé que « les responsabilités de la tragédie soient établies de manière rigoureuse, mais aussi impartiale ».


« Nous ne nous sentons toujours pas en sécurité lorsque nous prenons le train ou le métro », a fustigé Lydia Pagkali, une manifestante de 28 ans, rencontrée par l'AFP à Athènes. À Thessalonique, l'étudiante Fani Christani a assuré que « c'est notre génération qui a été blessée » dans cette catastrophe.











