La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration Trump de prendre le contrôle du Groenland, ont inauguré chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois. Une reconnaissance symbolique et diplomatique forte pour le gouvernement local.
Le Canada hisse son drapeau à Nuuk
« C'est une journée très importante pour nous comme pays parce que nous allons avoir aujourd'hui l'ouverture du consulat ici, à Nuuk, Groenland », a déclaré la ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, avant de hisser le drapeau canadien devant le bâtiment de la mission, sous les applaudissements d'une délégation inuite de 76 personnes.
Le Canada avait indiqué fin 2024 son intention d'ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique.
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La France, premier pays de l'UE au Groenland
Le consul général de France, Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur au Vietnam, a pris ses fonctions le jour même. « La dimension politique de l'ouverture de ce poste est réelle. Elle est même assez évidente, vu l'actualité de ces derniers mois », a-t-il souligné.
La décision française avait été annoncée le 15 juin lors d'une visite d'Emmanuel Macron à Nuuk, où il était venu exprimer la « solidarité européenne » pour l'île. « J'ai un toit pour moi déjà, ensuite je partirai à la recherche d'un bureau », a précisé M. Poirier avec humour, la ville ne comptant que 9 Français enregistrés.
Un message clair à Donald Trump
Ces ouvertures diplomatiques permettent de dire « à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi l'affaire des alliés européens, et également du Canada », souligne Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique.
La récente crise a débouché sur la détermination entre le président américain et le secrétaire général de l'OTAN d'un « cadre » en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique.
Une « victoire » pour l'autonomie groenlandaise
« C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk », estime le politologue Jeppe Strandsbjerg. Pour la diplomatie groenlandaise, c'est aussi « l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes ».
Le Groenland dispose déjà de représentations diplomatiques auprès de l'UE depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017. En début de semaine, le brise-glace canadien Jean Goodwill est venu s'amarrer au port de Nuuk pour un exercice conjoint avec un navire d'inspection danois.











