Deux semaines après le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, le conflit entre dans une phase d'escalade autour du pétrole. Donald Trump affirme que l'Iran est « complètement vaincu », tandis que Téhéran menace de « réduire en cendres » les infrastructures énergétiques liées aux États-Unis dans la région.
L'île de Kharg, terminal pétrolier au cœur des menaces
Les sommations croisées de Washington et de Téhéran se concentrent autour de l'île de Kharg, située dans le nord du Golfe à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes. Ce terminal abrite la principale plateforme d'exportation de pétrole brut du pays.
Vendredi soir, le président américain a déclaré sur Truth Social avoir « complètement détruit » des cibles militaires sur l'île. Il a prévenu qu'il détruirait aussi les infrastructures pétrolières « si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz ».
En réponse, le porte-parole du quartier général de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, a menacé : « Toutes les installations pétrolières, économiques et énergétiques appartenant à des compagnies pétrolières de la région en partie détenues par les États-Unis ou qui coopèrent avec les États-Unis seront immédiatement détruites et réduites en cendres. »
Donald Trump a par ailleurs assuré que la marine américaine allait « bientôt, très bientôt » commencer à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transitait un cinquième de la production mondiale d'hydrocarbures avant le blocus iranien.
Le conflit s'étend : Qatar, Irak, Liban
Au-delà de l'affrontement direct, la guerre continue de s'étendre dans toute la région. Le Qatar a annoncé samedi avoir intercepté deux missiles au-dessus de Doha. Des explosions ont été entendues par des journalistes de l'AFP dans le centre-ville de la capitale qatarienne.

En Irak, l'ambassade américaine à Bagdad a été visée par une attaque de drone à l'aube samedi, selon un haut responsable sécuritaire irakien. Une série de frappes a également visé un groupe armé pro-iranien, faisant deux morts.
Au Liban, entraîné dans la guerre par le Hezbollah le 2 mars, les frappes israéliennes ont fait plus de 773 morts, dont 103 enfants, et plus de 800 000 déplacés selon le dernier bilan officiel. Samedi, au moins douze membres du personnel d'un centre de santé dans le sud du pays ont été tués par une frappe israélienne.
Un quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a également été touché, selon l'Agence nationale d'information libanaise. L'armée népalaise, dont un contingent fait partie de la Finul, a indiqué que personne n'avait été blessé.
Renforts américains et impasse diplomatique
Les États-Unis vont envoyer des renforts au Moyen-Orient. Selon le New York Times, quelque 2 500 Marines et trois navires supplémentaires seront déployés. Le Wall Street Journal mentionne le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon.

À Oman, Washington a ordonné au personnel non essentiel de son ambassade et à leurs proches de quitter le pays. Samedi matin, l'armée israélienne a demandé aux habitants de certains quartiers de Tabriz, dans le nord de l'Iran, d'évacuer en prévision d'opérations militaires.
Au quinzième jour de la guerre, aucune issue diplomatique n'est en vue. Le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, qui a remplacé son père Ali Khamenei tué au premier jour de l'offensive, reste invisible. Donald Trump a affirmé que les États-Unis frapperont l'Iran « très fort au cours de la prochaine semaine ».











