Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a menacé vendredi le Liban de nouvelles destructions en réponse aux attaques du Hezbollah, alors que le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, exhortait les deux parties à conclure un cessez-le-feu depuis Beyrouth.
Katz menace, l'ONU appelle au cessez-le-feu
« Le gouvernement libanais, qui nous a trompés et n'a pas tenu son engagement de désarmer le Hezbollah, paiera des prix de plus en plus élevés en dommages aux infrastructures et en perte de territoire — jusqu'à ce qu'il remplisse son engagement central de désarmer » le mouvement, a déclaré M. Katz.
En visite à Beyrouth, Antonio Guterres avait auparavant exhorté Israël et le Hezbollah à conclure « un cessez-le-feu afin d'arrêter la guerre ». Il a appelé la communauté internationale à aider le Liban à hauteur de 325 millions de dollars (283,4 millions d'euros).
« J'espère sincèrement que lors de ma prochaine visite, je pourrai voir un Liban en paix, où l'État détient le monopole de la force et où l'intégrité territoriale est pleinement rétablie et respectée », a déclaré le chef de l'ONU.
Le président libanais, Joseph Aoun, a indiqué à M. Guterres ne pas avoir « reçu de réponse » à sa récente proposition de négocier directement avec Israël sous parrainage international.
773 morts en douze jours, un pont stratégique détruit
Le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale le 2 mars, en lançant des missiles sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Depuis, 773 personnes, dont 103 enfants, ont été tuées et plus de 800 000 déplacées, selon le dernier bilan officiel.

À Irkay, sur la côte sud, Mohammad Taqi, le visage couvert de blessures, a enterré vendredi ses quatre filles tuées la veille dans une frappe sur leur maison qui a fait neuf morts. « L'ennemi israélien prétend chaque jour cibler les infrastructures. Est-ce que ça, c'est des infrastructures ? », demande M. Taqi, en désignant les corps de ses enfants. « J'ai perdu mes quatre filles. Je n'en ai plus d'autres. »
Des bombardements ont détruit à l'aube un pont sur le Litani, qui traverse le sud du Liban. Il « constituait un point de passage crucial » pour le Hezbollah, qui l'utilisait « pour se déplacer du nord au sud du Liban, renforcer ses positions et se préparer aux combats », a affirmé l'armée israélienne. Celle-ci a appelé les habitants du sud à évacuer à plus de 40 kilomètres de la frontière.
Tracts sur Beyrouth, raids dans tout le pays
Des avions israéliens ont largué des milliers de tracts sur Beyrouth dans un fracas d'explosion, semant la panique, selon des journalistes de l'AFP. « Le sort du Liban relève de ta décision et de personne d'autre », affirment les tracts, exhortant les Libanais « à désarmer le Hezbollah, bouclier de l'Iran ».

L'armée israélienne a poursuivi ses raids nocturnes, ciblant un appartement dans un immeuble résidentiel de la banlieue nord de la capitale, près de Bourj Hammoud, une zone jusque-là épargnée. Huit personnes ont été tuées dans un immeuble près de Saïda (sud). Les deux fils d'un responsable local d'un groupe islamiste ont été tués dans une frappe à Bar Elias (est), a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise.
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, devait s'adresser aux Libanais vendredi soir dans une allocution télévisée, la deuxième depuis le début de la guerre.











