Seif al-Islam Kadhafi, l'un des fils du dictateur libyen défunt Mouammar Kadhafi, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, a été assassiné mardi dans l'ouest de la Libye par des hommes armés non identifiés.
Un assassinat méthodique
« Il a été tué aujourd'hui à 14 h à Zenten, dans sa maison, par un commando de quatre personnes », a déclaré à l'AFP son avocat français Marcel Ceccaldi. Quatre hommes avaient « pris d'assaut » sa résidence « après avoir neutralisé les caméras de surveillance, puis l'avaient exécuté », a précisé son conseiller Abdullah Othman Abdurrahim.
« Pour l'instant, on ne sait pas » qui sont ces hommes armés, a dit l'avocat, qui a affirmé s'être entretenu avec son client il y a trois semaines environ.
À lire aussi
- Népal : le rappeur devenu maire de Katmandou en tête des législatives
- Népal : législatives sous tension six mois après la révolte
Des signaux d'alerte ignorés
Marcel Ceccaldi a révélé avoir appris il y a une dizaine de jours, par l'un des proches de Seif al-Islam Kadhafi, « que des problèmes se posaient au niveau de sa sécurité ». Le chef de la tribu des Kadhafi lui avait proposé d'envoyer des hommes pour assurer sa protection. Seif al-Islam avait refusé.
Du successeur potentiel au paria international
Longtemps vu comme le successeur potentiel de son père avant la chute du régime en 2011, l'homme de 53 ans s'était forgé une image de modéré et de réformateur. Une réputation effondrée lorsqu'il a promis des bains de sang au début de la rébellion.
Recherché par la CPI pour crimes contre l'humanité, il avait été arrêté en 2011 dans le sud libyen, condamné à mort en 2015 à l'issue d'un procès expéditif, avant de bénéficier d'une amnistie. En 2021, il avait déposé sa candidature à la présidentielle, misant sur le soutien des nostalgiques de l'ancien régime. L'élection ne s'était finalement pas tenue.
Des conséquences politiques majeures
Pour l'expert Emad Badi, la mort de Seif al-Islam est « susceptible de le transformer en martyr aux yeux d'une partie conséquente de la population, tout en modifiant les équilibres électoraux en écartant un obstacle majeur à l'élection présidentielle ».
L'ex-porte-parole du régime Kadhafi, Moussa Ibrahim, a dénoncé un acte « perfide » : « Il voulait une Libye unie et souveraine. Ils ont assassiné l'espoir et l'avenir, et semé la haine et le ressentiment. »
La Libye toujours divisée
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye peine à retrouver sa stabilité et son unité. Deux exécutifs s'y disputent le pouvoir : le gouvernement d'unité nationale installé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l'ONU, et un exécutif à Benghazi contrôlé par le maréchal Haftar et ses fils.











