Les Népalais se sont rendus aux urnes jeudi 5 mars pour des élections législatives à forts enjeux, six mois après un soulèvement populaire qui avait entraîné la chute du gouvernement. Sur les 30 millions d'habitants de ce pays himalayen, 19 millions étaient appelés à voter. Le scrutin s'est clos à 17h00 heure locale (11h15 GMT).
Les responsables de la commission électorale ont commencé à collecter les urnes, regroupées sous escorte dans chaque circonscription pour y être dépouillées. « Les opérations électorales se sont conclues dans le calme et avec enthousiasme », s'est félicité devant la presse le président de la commission électorale, Ram Prasad Bhandari. Les noms des premiers vainqueurs devraient être annoncés vendredi.
Trois prétendants au poste de Premier ministre
Trois figures dominent ce scrutin. KP Sharma Oli, 74 ans, ex-Premier ministre marxiste renversé en septembre, brigue un retour au pouvoir pour la cinquième fois. Il est candidat dans la circonscription de Jhapa-5, où 163 000 électeurs sont inscrits. « Cette élection doit rétablir la démocratie et mettre un terme aux dérives qui sortent du cadre politique, à l'anarchie et à la violence », a-t-il déclaré après avoir voté.
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Face à lui dans cette même circonscription, Balendra Shah, dit « Balen », 35 ans, ancien rappeur devenu maire de Katmandou. Candidat du parti centriste Rastriya Swatantra Party (RSP), il assure bénéficier du soutien de la Génération Z. En costume noir et lunettes de soleil, il a fait la queue devant un bureau de vote de la capitale.
Troisième prétendant Gagan Thapa 49 ans
Troisième prétendant : Gagan Thapa, 49 ans, leader du Congrès népalais, qui entend mettre fin au « club des vieillards » ayant dirigé le pays pendant deux décennies. Candidat à Sarlahi, près de la frontière indienne, il a déclaré à l'AFP qu'il était « du devoir des dirigeants » de faire en sorte que les événements de l'an dernier ne se reproduisent plus.
L'ombre du soulèvement de septembre
Les 8 et 9 septembre 2025, des manifestations massives avaient secoué le Népal, faisant au moins 77 morts. Le Parlement et des dizaines de bâtiments officiels avaient été incendiés. Une interdiction d'accès aux réseaux sociaux avait mis le feu aux poudres. Les jeunes manifestants avaient laissé exploser leur colère contre le manque de perspectives d'emploi et la corruption des élites.

Un gouvernement provisoire dirigé par Sushila Karki avait été mis en place. « Chaque vote est important pour décider de notre avenir », a souligné la cheffe du gouvernement intérimaire le jour du scrutin.
Un espoir de changement
De nombreux électeurs ont partagé sur les réseaux sociaux des images de leurs pouces marqués à l'encre, souvent accompagnées de photos des manifestations de septembre. « Lors du mouvement de la Génération Z, des gens sont morts et nous espérons que leur sang apportera le changement », a lancé Tek Bahadur Aale, 66 ans, électeur à Jhapa.


« Aujourd'hui ressemble à un jour de fête », s'est enthousiasmée Nirmala Bhandari, 50 ans, femme au foyer, après avoir voté dans le district de Bhaktapur. « J'ai bon espoir que le pays aura de nouveaux dirigeants et que nous construirons une nation meilleure », a-t-elle ajouté.
Des hélicoptères ont acheminé du matériel
Des hélicoptères ont acheminé du matériel électoral vers les régions montagneuses du pays, qui compte huit des dix plus hauts sommets de la planète, dont l'Everest. « Les Népalais attendent depuis si longtemps un changement (...) j'espère qu'il sera effectif cette fois-ci », a confié à l'AFP Nilanta Shakya, 60 ans, électrice à Katmandou.











