Deux jeunes hommes ayant fait allégeance au groupe État islamique (EI) sont accusés d'« actes terroristes » après avoir lancé des engins explosifs artisanaux lors d'une manifestation anti-islam à New York samedi 8 mars. Cinq chefs d'accusation ont été retenus, selon la plainte déposée lundi au tribunal fédéral de Manhattan.
Des engins artisanaux au TATP
Emir Balat, 18 ans, et Ibrahim Kayumi, 19 ans, originaires de Pennsylvanie, ont été interpellés immédiatement après les faits. Ils ont fait état de leur affiliation à l'EI face à la police, d'après la plainte. L'un des deux a crié « Allah Akbar » au moment du lancer, selon un journaliste de l'AFP présent sur place.
Les engins contenaient du peroxyde d'acétone (TATP), un explosif fabriqué à base de produits vendus dans le commerce. Ils « auraient pu causer des blessures graves, voire mortelles », a déclaré Jessica Tisch, cheffe de la police new-yorkaise. Dimanche, un troisième engin suspect et des matériaux similaires ont été découverts dans une voiture proche du lieu de l'attaque.
Cinq chefs d'accusation dont « arme de destruction massive »
Les suspects font face à cinq chefs d'accusation, dont « tentative de fourniture de matériel à une organisation terroriste étrangère » et « utilisation d'une arme de destruction massive ». L'enquête a été confiée à la police antiterroriste américaine.
Rien n'indique que l'incident soit lié à la guerre au Moyen-Orient, selon Jessica Tisch. Néanmoins, le niveau d'alerte a été renforcé à New York depuis le début des bombardements américains et israéliens sur l'Iran le 28 février.
L'attaque vise les abords d'une manifestation d'extrême droite
Les engins ont été lancés en marge d'une manifestation organisée par l'influenceur d'extrême droite Jake Lang devant Gracie Mansion, la résidence officielle du maire de New York. Une vingtaine de personnes manifestaient contre « l'islamisation », face à environ 125 contre-manifestants.
Jake Lang avait participé à l'assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021. Placé en détention provisoire pendant quatre ans, il avait bénéficié de la grâce de Donald Trump en janvier 2025. Le maire Zohran Mamdani, premier maire musulman de New York entré en fonction le 1er janvier, a averti : « Quiconque vient à New York pour semer la violence sera tenu responsable. »











