L'Iran a « prudemment » salué lundi les signes d'une position américaine « plus réaliste » sur la question nucléaire, à la veille de nouvelles discussions avec les États-Unis à Genève. Parallèlement, les Gardiens de la Révolution ont entamé des manœuvres dans le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la production mondiale de pétrole.
Vers de nouveaux pourparlers à Genève
« Nous pouvons prudemment conclure que la position américaine sur la question nucléaire iranienne est devenue plus réaliste », a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, cité par l'agence Irna. L'Iran et les États-Unis avaient renoué le dialogue le 6 février à Mascate, la capitale d'Oman, pour tenter d'éviter une intervention militaire américaine.
De nouveaux pourparlers sont prévus mardi en Suisse, sous médiation du sultanat d'Oman. Côté américain, l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, « sont en route », a indiqué le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, en marge d'une visite en Hongrie. « Nous verrons ce qu'il en est. Nous espérons qu'il y aura un accord », a-t-il ajouté.
Des positions divergentes sur le périmètre des négociations
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a écrit sur X être à Genève « avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable », tout en précisant : « Ce qui n'est pas sur la table : la soumission face aux menaces. » Il a rencontré le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, pour « des discussions techniques approfondies ».
Les inspecteurs de l'agence onusienne n'ont toujours pas pu se rendre sur les sites nucléaires visés par des frappes israélo-américaines en juin 2025, qui avaient stoppé net les précédents pourparlers entre Téhéran et Washington. États-Unis et Iran divergent sur la teneur de leurs discussions : Téhéran ne veut parler que du programme nucléaire, tandis que Washington exige également une limitation du programme de missiles balistiques et l'arrêt du soutien aux groupes armés régionaux.
Menaces américaines et tensions internes en Iran
Donald Trump a multiplié les avertissements après la répression dans le sang des manifestations massives en janvier en Iran, tout en laissant la porte ouverte à un règlement diplomatique. Faute d'accord, le président américain a menacé l'Iran de conséquences « traumatisantes » et a même évoqué ouvertement vendredi l'hypothèse d'un renversement du pouvoir.

Des habitants de la capitale iranienne ont scandé dimanche des slogans anti-gouvernement depuis leurs fenêtres et leurs toits, au lendemain de vastes rassemblements contre la République islamique d'Iraniens vivant à l'étranger. Washington a déployé d'importants moyens militaires dans la zone, dont le porte-avions USS Abraham Lincoln, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, devant les rejoindre.
Le nucléaire, enjeu central
Téhéran dément vouloir se doter de l'arme nucléaire, mais insiste sur son « droit inaliénable » à développer une filière nucléaire civile et à enrichir l'uranium, conformément au Traité de non-prolifération (TNP). L'Iran s'est dit prêt à un compromis sur son stock d'uranium hautement enrichi, estimé à plus de 400 kg, si Washington levait les sanctions. Avant la guerre des 12 jours de juin 2025, l'Iran enrichissait l'uranium à 60%, taux proche des 90% nécessaires pour fabriquer la bombe atomique.
« Le temps presse. Notre peuple subit la pression de sanctions oppressives, et la raison et la logique exigent qu'elles soient levées dès que possible », a souligné le porte-parole Esmaeil Baqaei. Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique.











