Le Pérou élit un nouveau président par intérim, dans un contexte d'instabilité politique chronique, après la destitution éclair de José Jeri à deux mois de la présidentielle. Le vote devait mettre fin à une vacance du pouvoir de plus de 24 heures, inédite dans l'histoire récente du pays.
Une destitution à la majorité écrasante
L'ancien président intérimaire de droite a été destitué après quatre mois au pouvoir, par 75 voix pour, 24 contre et trois abstentions, bien au-delà du seuil requis de 58 votes. José Jeri était visé par deux enquêtes préliminaires pour « trafic d'influence » : la première concerne une rencontre secrète avec un homme d'affaires chinois lié à des contrats avec l'État, la seconde porte sur le recrutement de neuf femmes au sein de son gouvernement.
« Je n'ai commis aucun délit. J'ai toute la légitimité morale nécessaire pour exercer la présidence de la République », s'était défendu José Jeri dimanche lors d'un entretien télévisé.
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Une instabilité devenue chronique
Cette destitution illustre une instabilité institutionnelle chronique depuis 2016, caractérisée par un Parlement dominant face à un exécutif fragilisé. Parmi les sept derniers présidents du pays andin, quatre ont été destitués par le Parlement et deux ont démissionné. Un seul a mené à terme son mandat intérimaire.

« Au Pérou, on change constamment de président, ça crée une forte instabilité », juge Edgardo Torres, 29 ans, estimant que le pays a besoin « d'un véritable leader ». Des élections présidentielle et législatives sont prévues le 12 avril, avec un nombre record de plus de 30 candidats. En tête des sondages, Rafael Lopez Aliaga avait appelé à la démission de José Jeri.










