Escalade des frappes américaines et israéliennes sur l'Iran
Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a déclaré mardi 10 mars 2026 que cette journée constituerait « le jour le plus intense de frappes » sur l'Iran depuis le début de la guerre le 28 février. « Le plus grand nombre d'avions de combat, de bombardiers, de frappes », a-t-il précisé lors d'une conférence de presse au Pentagone.
L'armée israélienne a annoncé avoir lancé une nouvelle série de frappes sur Téhéran, après avoir visé dans la nuit « un complexe souterrain » des Gardiens de la Révolution dans la capitale iranienne. Dans le sud de l'Iran, l'aéroport de Kerman a été endommagé par des frappes israélo-américaines, selon des médias iraniens. Une frappe israélienne a également touché la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, ainsi qu'un secteur près de la ville côtière de Tyr au sud du Liban.
L'Iran réplique par des missiles stratégiques et des menaces directes
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir tiré une nouvelle salve de missiles sur Israël, notamment Tel-Aviv, et sur des cibles américaines au Moyen-Orient. L'opération a été menée avec des missiles « stratégiques » parmi les plus puissants de l'arsenal iranien : Fateh, Emad et Kheibar. L'armée iranienne a ajouté avoir « attaqué, à l'aide de drones destructeurs, un centre militaire à Haïfa et le centre de réception des renseignements des satellites espions ».
Une explosion a été entendue à Jérusalem après une alerte aux missiles iraniens. Aucune victime n'a été signalée selon le Magen David Adom. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ancien militaire, a écrit sur X : « Aujourd'hui, nous nous battons œil pour œil, dent pour dent, sans compromis ni exception. »
Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a directement menacé le président américain Donald Trump sur X : « L'Iran n'a pas peur de vos menaces vides. Des plus puissants que vous ont essayé d'éliminer la nation iranienne et n'ont pas réussi. Faites attention à ne pas être éliminé vous-même ! »
Crise humanitaire et retombées économiques mondiales
Le Liban enregistre près de 760 000 déplacés par la guerre selon le ministère libanais, tandis que l'ONU avait annoncé plus tôt que plus de 667 000 personnes avaient été déplacées par les frappes israéliennes, soit 100 000 personnes supplémentaires en 24 heures.


Les retombées économiques du conflit s'étendent à toute la région. Aux Émirats arabes unis, une attaque de drone a provoqué un incendie dans une zone industrielle de l'émirat d'Abou Dhabi abritant des infrastructures énergétiques, entraînant la fermeture « par précaution » de la vaste raffinerie de Ruwais. Le Qatar a affirmé que l'Iran poursuivait ses attaques contre des infrastructures civiles qataries, avec plusieurs explosions entendues à Doha.
L'Agence internationale de l'Énergie (AIE) a convoqué une « réunion extraordinaire » pour évaluer un éventuel recours aux stocks stratégiques de pétrole face à la flambée des cours. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a désigné la Russie comme seul « gagnant » de cette guerre : le prix du baril Urals, référence pour le brut russe, a bondi d'environ 60 % pour atteindre 90 dollars, promettant à Moscou des recettes bien supérieures aux prévisions.
Le président russe Vladimir Poutine a appelé à une « désescalade rapide » lors d'un entretien téléphonique avec le président iranien Massoud Pezeshkian. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé l'envoi d'experts militaires ukrainiens au Qatar, aux Émirats et en Arabie saoudite pour partager leur expérience d'interception des drones iraniens.










