Le nombre de fermes en agriculture biologique a diminué pour la première fois en France en 2025, passant de 61 876 à 61 490 exploitations, soit un recul de 386 fermes (-0,6 %). L'Agence Bio a annoncé ces chiffres lors du Salon de l'agriculture, alors que la consommation de produits bio a dans le même temps rebondi.
Une première baisse malgré le rebond de la consommation
Après des années de croissance continue, le nombre de fermes bio recule pour la première fois. Ce recul s'explique par des déconversions d'agriculteurs et de transformateurs, fragilisés par la chute de la consommation bio amorcée en 2022 sous l'effet de l'inflation.
La consommation a toutefois amorcé un retournement. Après une reprise de 0,8 % en 2024, elle a progressé de 3,5 % en 2025. « C'est un signal à ne pas prendre à la légère », a déclaré Marine Bré-Garnier de l'Agence Bio.
Un paradoxe entre demande et offre
Loïc Madeline, de la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab), a souligné le décalage entre l'offre et la demande : « C'est un paradoxe, la demande repart mais les fermes sont fragilisées ». Les exploitants qui ont traversé plusieurs années de baisse de la consommation n'ont pas tous pu maintenir leur activité en bio.
Les surfaces cultivées en agriculture biologique représentent actuellement 10,1 % du total, un chiffre en repli. L'objectif fixé par la loi est d'atteindre 21 % de surfaces bio d'ici 2030, un seuil qui reste éloigné au regard de la tendance actuelle.
Le bio absent des discussions sur la souveraineté alimentaire
L'agriculture biologique n'a pas été mentionnée dans les travaux sur la souveraineté alimentaire portés par la ministre Annie Genevard. Cette absence a été relevée par les acteurs du secteur.
Le budget de l'Agence Bio a été maintenu pour 2026. La directrice Laure Verdeau a été remplacée. Par ailleurs, le syndicat Synadis Bio a quitté l'organisation, dénonçant une « menace de démantèlement » du secteur.











