C’est la plus grande perturbation du transport aérien mondial depuis la pandémie de Covid. Entre le 28 février et le 13 mars 2026, plus de 52 000 vols ont été annulés au Moyen-Orient sur 98 000 programmés, soit plus de la moitié. Six millions de passagers ont été affectés.
Pour les 400 000 ressortissants français présents dans la région, la situation est concrète : vols annulés, espaces aériens fermés, compagnies en mode dégradé. Voici ce que dit le droit, ce que couvrent les assurances et les erreurs à ne pas commettre. Le contexte complet de la crise est détaillé dans notre article sur l’impact de la guerre sur le transport aérien.
Quels espaces aériens sont fermés ?
Huit pays ont totalement fermé leur espace aérien : l’Iran, Israël, l’Irak, la Syrie, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et les Émirats arabes unis.
Les trois grands hubs de transit du Golfe — Dubaï, Doha et Abu Dhabi — ont été mis à l’arrêt simultanément, du jamais vu dans l’histoire de l’aviation civile.
Le Qatar a rouvert partiellement depuis le 6 mars via des couloirs d’urgence. Qatar Airways opère un programme limité vers 80 destinations depuis le 18 mars. Emirates a commencé une reprise limitée à Dubaï.
Impact sur les vols Paris-Asie
Air France maintient ses vols directs vers l’Asie (Bangkok, Tokyo, Shanghai, Singapour), mais avec des détours via la Turquie et le Caucase qui allongent chaque vol de 1h30 à 2 heures. Une hausse de 50 euros aller-retour sur les longs-courriers en classe économique est en vigueur depuis le 11 mars.
Alternative : Finnair dessert 11 destinations asiatiques via son hub d’Helsinki, sans survoler le Moyen-Orient.
Vos droits selon le règlement européen CE 261/2004
Le règlement européen protège les passagers victimes d’annulation de vol. Il s’applique à tous les vols au départ de l’UE, quelle que soit la compagnie, et aux vols à destination de l’UE sur compagnies européennes.
En temps normal, une annulation ouvre droit à une indemnisation forfaitaire de 250 à 600 euros selon la distance. Mais la guerre constitue une « circonstance extraordinaire » qui exonère la compagnie de cette indemnisation.
Ce qui reste obligatoire malgré la guerre
| Droit | Statut |
|---|---|
| Remboursement intégral du billet sous 7 jours | Obligatoire |
| OU réacheminement vers la destination finale | Obligatoire |
| Prise en charge (repas, hôtel, transferts) | Obligatoire |
| 2 appels téléphoniques ou emails gratuits | Obligatoire |
| Indemnisation forfaitaire (250-600 €) | Supprimée (guerre) |
L’erreur qui vous coûtera cher : annuler vous-même
C’est le piège le plus répandu. Si vous annulez vous-même votre billet, le règlement CE 261/2004 ne s’applique plus. Vous perdez vos droits au remboursement intégral, à la prise en charge et au réacheminement.
Si c’est la compagnie qui annule, vous êtes protégé. Attendez systématiquement la notification d’annulation par la compagnie.
Deuxième piège : ne cochez pas systématiquement « remboursement » dans les formulaires. En choisissant le remboursement, vous libérez la compagnie de son obligation de prise en charge. Vous devrez rentrer par vos propres moyens, à vos frais.
Votre assurance voyage couvre-t-elle la guerre ?
Dans la quasi-totalité des cas : non. L’article L121-8 du Code des assurances prévoit que l’assureur n’est pas responsable des pertes causées par la guerre étrangère. L’impact de la crise d’Ormuz sur les assurances touche également le secteur aérien.
Seules exceptions : les couvertures « zone hostile » proposées par certains assureurs spécialisés, et les assurances annulation « toutes causes » (4 à 10 % du prix du voyage). Ces dernières devaient avoir été souscrites avant le début du conflit.
Procédure de remboursement étape par étape
1. Ne pas annuler soi-même. Attendre l’annulation par la compagnie.
2. Choisir entre remboursement ou réacheminement (réfléchir avant de cocher).
3. Conserver toutes les factures : repas, hôtel, transports. Pas de plafond légal strict.
4. Formuler une demande écrite en citant le règlement CE 261/2004.
5. Refuser un avoir si vous préférez un remboursement en argent : c’est votre droit.
6. En cas de refus : saisir le Médiateur Tourisme et Voyage, ou la DGAC via sa plateforme en ligne.
Les chiffres français
Sur les 400 000 Français concernés au Moyen-Orient, 5 000 ont exprimé le souhait de rentrer et 750 ont été évacués. Le syndicat des tour-opérateurs (Seto) a rapatrié 1 039 clients.
Selectour a organisé le retour de 9 700 clients, principalement bloqués en Thaïlande, au Vietnam, à Hong Kong et au Japon après des correspondances via Emirates ou Qatar Airways. Le coût d’un vol de rapatriement affrété est d’environ 600 000 euros.
Pour les forfaits touristiques
Si vous avez acheté un voyage organisé, le voyagiste est légalement tenu d’assurer votre rapatriement sans frais supplémentaires (article L211-16 du Code du tourisme). L’hébergement est pris en charge pour trois nuitées maximum en cas de circonstances exceptionnelles.











