Les premières compagnies aériennes annulent des vols à cause de la flambée du kérosène provoquée par la guerre au Moyen-Orient. SAS, la compagnie scandinave, ouvre la voie avec plus de 1 000 vols supprimés en avril. Air France répercute la hausse sur les billets. Les voyageurs français sont directement touchés.
SAS : 1 000 vols annulés, un signal d’alarme
La compagnie scandinave SAS a annoncé l’annulation de plus de 1 000 vols en avril, principalement sur des lignes domestiques norvégiennes et intracommunautaires. Des centaines de vols ont déjà été supprimés en mars. SAS opère environ 800 vols par jour.
« Même si nous essayons d’absorber les hausses de coûts autant que possible, c’est un choc qui frappe directement l’industrie aérienne », a déclaré le PDG Anko van der Werff. La compagnie a également introduit un « ajustement tarifaire temporaire » sur l’ensemble de ses lignes.
Le kérosène a doublé en dix jours
Le prix du kérosène (jet fuel) est passé de 85-90 $/baril avant les frappes du 28 février à plus de 150 $/baril début mars — un doublement en dix jours. L’IATA Jet Fuel Price Monitor a enregistré une hausse de 60 % en une seule semaine.
La cause : la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 50 % des importations européennes de kérosène. Le Brent dépasse les 100 $/baril.
Air France : +50 euros sur les long-courriers
Air France-KLM a appliqué une hausse tarifaire sur les billets long-courriers émis à compter du 11 mars 2026 : +50 EUR aller-retour en classe économique. Le kérosène a bondi de 80 % en un mois, selon la compagnie.
La surcharge carburant (taxe YR) atteint désormais jusqu’à 319 EUR sur un Paris-Montréal ou Paris-New York aller-retour. Air France a également suspendu ses vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad.
Un choc mondial pour l’aérien
D’autres compagnies sont touchées. Lufthansa a suspendu ses liaisons avec sept villes du Moyen-Orient. Qantas et Air New Zealand ont annoncé des hausses tarifaires. Air Caraïbes et Corsair ajustent également leurs prix à la hausse.
Au global, la hausse estimée sur l’ensemble des billets d’avion atteint +30 %, selon le comparateur Ulysse. L’effet touche toutes les destinations, pas seulement les lignes Moyen-Orient : les détours de routes et la hausse du carburant se répercutent sur l’intégralité du réseau.
Quel impact pour les voyageurs français ?
Concrètement, un billet Paris-New York aller-retour intègre désormais une surcharge carburant de 319 EUR, contre environ 180 EUR avant le conflit. Pour les vols moyen-courriers européens, la hausse est moins spectaculaire mais réelle : +15 à +25 EUR par aller-retour.
Les compagnies low-cost, dont les marges sont plus faibles, pourraient être les prochaines à annuler des lignes si le kérosène reste au-dessus de 120 $/baril. SAS pourrait n’être que le premier domino.











