Cet article est mis à jour régulièrement. Dernière mise à jour : 16/03/2026, résultats définitifs du premier tour.
Le premier tour des municipales 2026 en Outre-mer a livré ses résultats définitifs dans la nuit du 15 au 16 mars. Sur 210 communes réparties dans huit territoires, 81 maires ont été élus dès le premier tour, soit un taux de 38,6 %. La prime aux sortants est massive, mais plusieurs scrutins majeurs restent ouverts pour le second tour du 22 mars. Panorama complet, territoire par territoire.
La Réunion : 14 maires élus, Bareigts réélue, triangulaires dans le sud
Avec une participation de 55,27 %, La Réunion confirme sa forte mobilisation électorale. 14 maires sur 24 ont été élus dès le premier tour, un score élevé qui reflète l'ancrage des sortants sur l'île.
À Saint-Denis (104 885 inscrits), la maire sortante Ericka Bareigts (PS) est réélue avec 62,21 % des voix. Ancienne ministre, elle obtient un score sans appel qui valide son premier mandat. Ce résultat fait de Saint-Denis de La Réunion la plus grande ville d'Outre-mer à avoir élu son maire au premier tour.
En revanche, trois villes majeures du sud et de l'ouest sont en ballottage. À Saint-Pierre (64 293 inscrits), David Lorion arrive en tête avec 44,33 % mais ne passe pas au premier tour. Il affrontera une triangulaire le 22 mars. À Saint-Paul, Séraphin obtient 47,16 %, insuffisant également, dans une triangulaire. Au Tampon, Thien Ah Koon est en tête avec 40,92 %, suivi de trois adversaires dans une triangulaire. À Saint-André, Bédier ne recueille que 30,02 % dans une quadrangulaire ouverte.
Nouvelle-Calédonie : Lagarde à 8 voix de Nouméa, un ballottage inédit
La Nouvelle-Calédonie affiche une participation de 47,73 % à 17 heures, en contexte post-émeutes de mai 2024. Huit maires ont été élus au premier tour sur 33 communes. Mais le résultat le plus marquant concerne Nouméa.
La maire sortante Sonia Lagarde, 77 ans, obtient 49,98 % des voix, soit 8 voix de moins que la majorité absolue. Un écart sans précédent dans l'histoire électorale calédonienne. Virginie Ruffenach (Rassemblement) recueille 21,17 % et Philippe Dunoyer (Calédonie ensemble) 11,2 %. Le second tour du 22 mars s'annonce tendu dans une ville qui a perdu 14 % de sa population en douze ans et dont plusieurs bureaux de vote ont été endommagés lors des émeutes de 2024.
À Dumbéa, deuxième ville du territoire, Cynthia Jan arrive en tête avec 39,62 %, devançant le maire sortant Lecourieux à 18,98 %. Le sortant est relégué en deuxième position, signe d'une volonté de changement. Au Mont-Dore, Nina Julie devance la sortante avec 40,53 %. À Poindimié, Watanabe obtient 30,6 % contre 29,8 % pour Néaoutyine, maire sortant depuis 36 ans. Un écart de 0,8 point qui pourrait mettre fin à quatre décennies de règne municipal.
Martinique : Fort-de-France en quadrangulaire, participation en hausse
La Martinique enregistre une participation en hausse par rapport aux précédentes municipales. 20 maires sur 34 ont été élus au premier tour, un taux de 58,8 % qui traduit la prime aux sortants dans les petites communes rurales.
Le scrutin le plus suivi reste celui de Fort-de-France. Le maire sortant Didier Laguerre (PPM) arrive en tête avec 44,25 % mais ne franchit pas la barre des 50 %. Derrière lui, Francis Carole obtient 21,96 %, Steeve Moreau 21,20 % et Nathalie Jos 10,25 %.
Le second tour s'annonce sous la forme d'une quadrangulaire si les quatre listes se maintiennent. Laguerre reste le favori, mais la somme des oppositions dépasse 55 %. L'éventualité d'une fusion entre certaines listes d'opposition pourrait modifier le rapport de force. Le mouvement RPPRAC, né de la mobilisation contre la vie chère en 2024, n'a pas présenté de liste à Fort-de-France mais a pesé sur les thématiques de campagne dans plusieurs communes.
Guadeloupe : les sortants dominent, trois grandes villes élues au premier tour
Avec une participation de 46,31 %, la Guadeloupe a élu 20 maires sur 32 dès le premier tour, soit 62,5 % des communes. Les trois principales villes de l'archipel ont toutes désigné leur maire le 15 mars.
Aux Abymes (commune la plus peuplée), le maire sortant Éric Jalton est réélu avec 51,45 %. À Pointe-à-Pitre, le maire écologiste sortant Harry Durimel obtient 57,47 %, score élevé qui valide son mandat de redressement financier. À Basse-Terre, André Atallah (PS) est reconduit avec 56,86 %.
Les 12 communes restantes, principalement des communes rurales ou des villes moyennes, se préparent à un second tour le 22 mars. Aucune surprise majeure n'est attendue en Guadeloupe, où le paysage politique local reste structuré par les personnalités et les réseaux.
Guyane : Cayenne plébiscite Trochimara, second tour à Kourou et Saint-Laurent
La Guyane enregistre une participation de 48,61 %. 16 maires sur 22 ont été élus au premier tour, un taux de 72,7 % porté par les petites communes de l'intérieur.
À Cayenne, la maire sortante Sandra Trochimara réalise le score le plus élevé de tout l'Outre-mer avec 72,4 % des voix. Ce plébiscite met fin au suspense : la sénatrice Phinera-Horth, qui cherchait à reprendre la mairie, est nettement distancée.
Les deux villes en ballottage à suivre sont Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni. À Kourou, Rimane arrive en tête avec 26,9 %, devant le maire sortant Ringuet à 25,3 %. L'écart de 1,6 point annonce un second tour serré. À Saint-Laurent-du-Maroni (deuxième ville de Guyane), Adam devance la maire sortante Charles. Les thèmes de la sécurité, de l'accès à l'eau potable et du logement domineront les campagnes de l'entre-deux-tours.
Mayotte post-cyclone Chido : un scrutin de reconstruction
Avec une participation de 58,20 %, la plus élevée de tous les territoires ultramarins, Mayotte confirme que le cyclone Chido de décembre 2024 (3,4 milliards d'euros de dégâts) a transformé ces municipales en scrutin de reconstruction.
Seuls 3 maires sur 17 ont été élus au premier tour. À Mamoudzou (72 974 habitants, capitale du territoire), le maire sortant Ambdilwahedou Soumaila est réélu avec 60,8 % des voix. Ce score élevé traduit le soutien de la population à sa gestion de l'urgence post-cyclone. À Chiconi, Madi Ousseni est élu avec 55,92 %.
Les 14 communes restantes vont au second tour dans des configurations fragmentées : 5 quadrangulaires et 4 quinquangulaires. La multiplication des listes reflète l'intensité des enjeux locaux : reconstruction des écoles, distribution d'eau potable, sécurité publique et relogement des sinistrés. Chaque commune concentre des besoins urgents qui structurent les campagnes au-delà des clivages partisans traditionnels.
Polynésie : Temaru réélu à Faa'a, Papeete en quadrangulaire
La Polynésie française affiche une participation de 54,17 %. Les résultats confirment le poids des figures historiques de la politique locale.
À Faa'a, Oscar Temaru est réélu avec 58,2 % des voix. Ancien président de la Polynésie française, figure du mouvement indépendantiste, Temaru conserve sa mairie dans un territoire où les municipales restent structurées par le clivage autonomistes-indépendantistes. À Punaauia, Simplicio Lissant est réélu avec 66,29 %, le score le plus élevé de Polynésie.
Le scrutin à suivre est celui de Papeete (19 000 inscrits), où la succession de Michel Buillard (maire depuis 1994, qui ne se représente pas en tête de liste) reste ouverte. Le Gayic arrive en tête mais une quadrangulaire se profile au second tour. La fin de l'ère Buillard marque un tournant dans la politique municipale de la capitale polynésienne.
Quels enjeux pour le second tour du 22 mars en Outre-mer ?
Les résultats du premier tour font ressortir quatre dynamiques transversales pour le second tour du 22 mars.
La prime aux sortants constitue le fait dominant du scrutin ultramarin. 81 maires élus au premier tour sur 210 communes : le ratio est supérieur à celui de la métropole. À La Réunion, en Guadeloupe et en Guyane, les maires en place ont bénéficié d'un ancrage local que les partis nationaux peinent à concurrencer. Les formations métropolitaines (LFI, RN, Renaissance) restent quasi absentes de ces scrutins, structurés par des personnalités et des mouvements locaux.
Nouméa à 8 voix cristallise l'attention nationale. Lagarde, en poste depuis 2014, dispose d'une avance arithmétique mais l'unification des oppositions pourrait la priver d'un troisième mandat. Le second tour calédonien se déroulera sous haute surveillance, dans un territoire encore marqué par les émeutes de mai 2024 et la crise économique qui a suivi.
La reconstruction post-Chido à Mayotte transforme les municipales en élection de gestion de crise. Les 14 communes au second tour devront désigner des maires capables de piloter la reconstruction avec les fonds de l'État. Les quinquangulaires (cinq listes au second tour) dans quatre communes témoignent de la multiplicité des candidats sur un créneau unique : la capacité à obtenir et gérer les crédits de reconstruction.
La participation en hausse constitue un signal positif. À Mayotte (58,20 %), à La Réunion (55,27 %), en Polynésie (54,17 %), les électeurs se sont davantage mobilisés qu'aux précédentes municipales. Seule la Nouvelle-Calédonie, avec 47,73 %, reste en retrait, conséquence directe des bouleversements démographiques et sociaux liés aux émeutes de 2024.
Les résultats complets du second tour du 22 mars seront suivis en direct sur Regards Actuels. Résultats nationaux du premier tour.











