Le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième des hydrocarbures de la planète, est devenu l'épicentre de la confrontation militaire entre les États-Unis et l'Iran. Mercredi 11 mars, l'organisme maritime britannique UKMTO a signalé que trois navires — un porte-conteneurs, un cargo et un vraquier — avaient été atteints par des « projectiles inconnus » à proximité du passage stratégique. Il s'agit du quatorzième incident maritime recensé depuis le 28 février.
Frappes dans le Golfe et destruction de navires iraniens
L'armée américaine a annoncé avoir détruit seize navires iraniens identifiés comme poseurs de mines « près du détroit ». Le Soufan Center estime que l'Iran dispose de 2 000 à 6 000 mines navales, soulignant que les risques sécuritaires dépassent désormais les seules questions de marge pour les armateurs.
Les pays du Golfe sont directement touchés. Des explosions ont été rapportées à Doha, tandis que des drones ont été repérés à proximité de l'aéroport de Dubaï, faisant quatre blessés. L'Arabie saoudite a annoncé avoir neutralisé des drones visant le champ pétrolier de Shaybah et intercepté des missiles dirigés contre une base américaine sur son sol. Aux Émirats arabes unis, la raffinerie de Ruwais a été fermée mardi « par précaution » après des frappes de drones.
Réaction internationale : G7 en urgence et réserves de pétrole
Le président français Emmanuel Macron a convoqué une réunion des dirigeants du G7 en visioconférence mercredi. Les ministres de l'Énergie du G7 ont déclaré « soutenir en principe des mesures proactives ». Selon le ministre Lescure, les chefs d'État « évoqueront sans doute » la question des stocks stratégiques.
Selon le Wall Street Journal, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) envisage un recours « sans précédent » aux réserves stratégiques de pétrole. Les Bourses européennes ont terminé dans le rouge : Paris a perdu 0,72 %, Francfort 1,09 % et Londres 0,63 %.
Menaces croisées entre Washington et Téhéran
Le président américain Donald Trump a menacé l'Iran de « conséquences militaires sans précédent » si le détroit d'Ormuz venait à être miné. Du côté iranien, les Gardiens de la Révolution ont promis la vague « la plus violente et la plus lourde ». Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré : « L'agresseur doit être puni et recevoir une leçon. »

Le sort du successeur désigné du guide suprême, Mojtaba Khamenei, reste incertain. Le fils du président Pezeshkian l'a dit « sain et sauf », mais la télévision d'État iranienne le présente comme « blessé » et il n'est pas apparu publiquement. Le chef de la police iranienne a prévenu que quiconque contesterait serait considéré comme un « ennemi ».
Nouveaux tirs sur Israël et crise humanitaire au Liban
De nouveaux tirs de missiles iraniens ont visé Israël dans la nuit de mardi à mercredi, faisant des blessés près de Tel-Aviv selon la chaîne israélienne Channel 12. À Téhéran, des habitants ont rapporté des vibrations liées aux frappes.
Au Liban, la situation humanitaire continue de se dégrader. Quelque 760 000 personnes ont été déplacées depuis le 2 mars, selon les autorités. Des frappes ont touché le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.











