Le 28 février 2026, au premier jour des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, un missile a frappé l'école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab, dans la province d'Hormozgan, au sud du pays. Les autorités iraniennes ont rapporté 175 morts, dont 110 enfants — 66 garçons et 54 filles — ainsi que 26 enseignants et 4 parents. Près de trois semaines plus tard, Amnesty International a publié une enquête désignant les États-Unis comme responsables de la frappe.
28 février : un missile frappe une école en heures de cours
L'école Shajareh Tayyebeh accueillait garçons et filles, enseignés sur des étages séparés. La frappe a touché le bâtiment scolaire en même temps que douze structures d'une enceinte des Gardiens de la Révolution (CGRI) adjacente, selon les images satellite analysées par Amnesty International et la presse anglo-saxonne.
L'agence de presse judiciaire iranienne Mizan a rapporté le 3 mars que 110 enfants figuraient parmi les victimes, ainsi que 26 enseignants et 4 parents. Le bilan a été revu à la hausse à 175 morts après les opérations de déblaiement le 4 mars, avec 95 blessés.
Amnesty International : un missile Tomahawk américain
Le 16 mars, Amnesty International a publié son enquête. L'organisation affirme que des fragments de missile retrouvés sur le site portaient la mention « Made in USA », un numéro de contrat du Pentagone et des noms d'entreprises de défense américaines. L'arme identifiée est un missile de croisière Tomahawk, utilisé exclusivement par les forces américaines dans ce conflit.
« Cette attaque effroyable contre une école, avec des salles de classe remplies d'enfants, est une illustration glaçante du prix catastrophique et entièrement prévisible que les civils paient dans ce conflit armé », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice de la recherche chez Amnesty International.
L'enquête s'appuie sur des images vidéo, des images satellites, des témoignages de trois sources indépendantes et l'analyse de fragments d'armement. Amnesty qualifie la frappe de potentielle « violation du droit international humanitaire » et demande que les responsables soient tenus pour comptables.
Le Pentagone reconnaît des « données obsolètes »
Le 11 mars, le New York Times a révélé qu'une enquête préliminaire de l'armée américaine avait conclu que la frappe sur l'école résultait de « données obsolètes ». Le même jour, le Washington Post a rapporté que la liste de cibles générée par les systèmes de ciblage américains avait potentiellement confondu l'école avec une installation militaire du CGRI située juste à côté.
Le missile Tomahawk est une arme de précision guidée. La question posée par les enquêtes n'est donc pas celle de la précision du tir, mais de la fiabilité des données utilisées pour désigner la cible. Fin février, Donald Trump avait justifié les frappes par l'élimination de « menaces imminentes ».
Minab, symbole mondial
L'Iran a annoncé le 16 mars son intention de transformer l'école détruite en musée mémoriel. La frappe de Minab est devenue un point de cristallisation du débat international sur la conduite de la guerre.
Elle a également provoqué une riposte numérique. Le groupe hacktiviste pro-iranien Handala a revendiqué le 11 mars une cyberattaque massive contre Stryker, géant américain des équipements médicaux, affirmant avoir effacé les données de 200 000 appareils dans 79 pays. Le groupe a explicitement désigné la frappe de Minab comme le motif de son attaque.
Le 17 mars, Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme américain, a démissionné en dénonçant une guerre « fondée sur un mensonge », traçant un parallèle avec la guerre en Irak de 2003.











