Au treizième jour du conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre au Moyen-Orient a pris une nouvelle dimension jeudi avec une série d'attaques iraniennes contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, menaçant l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Le baril de Brent repasse les 100 dollars
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, a repassé jeudi la barre symbolique des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent sur le marché. Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé mercredi « à l'unanimité » de libérer 400 millions de barils provenant de leurs réserves stratégiques, le déblocage « le plus important » de l'histoire de l'agence.
Le ministre américain de l'Énergie Chris Wright a précisé que 172 millions de barils seraient libérés « à partir de la semaine prochaine ». La première semaine de guerre a coûté aux États-Unis plus de 11 milliards de dollars, selon le New York Times.
Les infrastructures pétrolières du Golfe visées
Bahreïn a dénoncé « une attaque iranienne visant des réservoirs de carburant dans une installation du gouvernorat de Muharraq », appelant les habitants à rester chez eux en raison des fumées. À Oman, des réservoirs du port de Salalah étaient en feu après une attaque de drone.

L'Arabie saoudite a rapporté une nouvelle attaque de drone contre le champ pétrolier de Shaybah, déjà visé à plusieurs reprises. Le ministère de la Défense saoudien a également annoncé avoir abattu un drone qui s'approchait d'un quartier abritant des ambassades étrangères à Ryad.
Une attaque contre deux pétroliers dans le Golfe au large de l'Irak a fait au moins un mort, tandis que les sauveteurs recherchaient plusieurs disparus. La télévision étatique irakienne a diffusé des images d'un navire d'où s'élevaient d'impressionnantes boules de feu. Un porte-conteneurs a aussi été touché au large des Émirats arabes unis.
L'Iran menace les centres économiques et la tech
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper « les centres économiques et les banques » dans le Golfe. L'agence iranienne Tasnim a cité les géants américains de la tech comme de « futures cibles » de Téhéran, parmi lesquels Amazon, Google, Microsoft, IBM, Oracle et Nvidia.

Le géant bancaire américain Citi et les cabinets de conseil britanniques Deloitte et PwC ont évacué ou fermé mercredi leurs bureaux à Dubaï après ces menaces. Les Gardiens de la Révolution se disent prêts à une longue campagne. Ali Fadavi, un représentant de cette armée idéologique, a brandi la menace d'une « guerre d'usure » à même de « détruire l'économie américaine entière ».
Signaux contradictoires de Washington et frappes sur Téhéran
Donald Trump a déclaré mercredi que l'Iran était « proche de la défaite », après avoir affirmé qu'il ne restait « pratiquement rien à frapper » et que l'« excursion » militaire américaine était « très en avance » sur le calendrier. Il a aussi lancé que les États-Unis devaient « finir le boulot » en Iran lors d'un meeting dans le Kentucky.

L'armée israélienne a annoncé jeudi mener « une vague de frappes à grande échelle à Téhéran », après que l'Iran a indiqué avoir mené une opération « conjointe et intégrée » avec le Hezbollah contre « plus de 50 cibles » en Israël, décrite comme « un feu continu pendant cinq heures » de missiles et de drones.
Emmanuel Macron a appelé Israël à « clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban » et le Hezbollah à « immédiatement mettre fin à ses attaques », après s'être entretenu avec le président libanais Joseph Aoun. Une attaque israélienne sur le front de mer de Beyrouth a fait au moins sept morts et 21 blessés jeudi, selon les autorités libanaises.











