L'Iran a célébré mercredi le 47e anniversaire de la Révolution islamique de 1979, dans un contexte de vive pression américaine et de contestation interne. Fragilisé par une récente vague de manifestations, le pouvoir a déployé un important dispositif de sécurité à Téhéran.
Contestation nocturne à la veille de l'anniversaire
À la veille de cette commémoration, des Iraniens ont crié depuis leurs fenêtres, dans des quartiers de la capitale, des slogans contre le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. « Mort au dictateur », peut-on entendre dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et vérifiées par l'AFP.
Sur la place Azadi (« Liberté ») de Téhéran, devant une foule agitant des drapeaux de la République islamique, le président Massoud Pezeshkian a affirmé que son pays ne plierait pas face aux pressions ou à une « agression » des États-Unis.
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Un important dispositif de sécurité plus
Un important dispositif de sécurité, plus large que les années précédentes, encadrait les rassemblements, un mois après les manifestations contre le pouvoir des 8 et 9 janvier. Selon le groupe américain HRANA (Human Rights Activists News Agency), au moins 6 984 personnes, dont 6 490 manifestants, ont été tuées lors du pic des protestations début janvier, et au moins 52 623 personnes ont été arrêtées.
Fractures visibles dans la société iranienne
Dans le cortège officiel, certaines femmes défilaient sans le voile malgré le strict code vestimentaire de la République islamique. Des médias locaux, y compris conservateurs, ont diffusé des interviews de plusieurs d'entre elles, du jamais vu pour un événement organisé par le pouvoir.
Des pancartes moquaient Donald Trump et Reza Pahlavi, fils du chah déchu et figure de l'opposition en exil. Des répliques de missiles étaient installées sur la place. « Cela fait 40 ans que nous dormons et nous réveillons avec la possibilité d'une guerre et d'une attaque. Vous pensez vraiment nous faire peur ? » lance Yaghoub Ghorbanpour, un médecin.
Parmi les personnes arrêtées depuis janvier
Parmi les personnes arrêtées depuis janvier figurent des membres du courant réformateur qui avaient soutenu la campagne électorale de Pezeshkian en 2024 avant de prendre leurs distances.
Diplomatie régionale et pressions géopolitiques
Le même jour à Washington, Donald Trump recevait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, partisan d'une ligne dure contre l'Iran. Selon Netanyahu, toute négociation irano-américaine doit inclure « la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien » de Téhéran aux groupes armés régionaux hostiles à Israël.

Dans la région du Golfe, les diplomaties s'activent pour réduire les tensions. L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, s'est entretenu mercredi avec le président américain de la nécessité de « résoudre les crises par le dialogue », avant de recevoir le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani.
Le haut responsable iranien a également
Le haut responsable iranien a également rencontré des chefs du mouvement islamiste palestinien Hamas, selon la télévision d'État. Parallèlement à la reprise des discussions avec Washington — pour la première fois depuis la guerre de douze jours déclenchée par Israël en juin — l'Iran poursuit sa répression des contestataires.











