Comme des milliers de parents immigres qui se terrent chez eux a Minneapolis, Nina et son mari vivent dans la hantise que la police de l'immigration americaine les separe de leur fille de 4 ans. Cette demandeuse d'asile equatorienne espere que les agents federaux envoyes par Donald Trump dans cette ville du Midwest finiront par aller ailleurs.
Vivre dans la terreur au quotidien
« Si nous partons travailler, qu'ils nous arretent, et ma fille est a l'ecole, que vais-je faire ? », redoute Nina, 25 ans. Pour proteger sa petite Ayadana, elle a voulu signer une delegation d'autorite parentale (DOPA) designant une amie titulaire d'une carte verte comme tutrice legale.
Mais scotchee aux alertes signalant les descentes de l'ICE dans son quartier, elle ne sort furtivement qu'une fois par semaine, toujours la nuit. Dans son appartement ou s'enferment six personnes, elle n'a pas pu se rendre chez le notaire pour signer le document.
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Un bon samaritain protege plus de 1 000 enfants
Face a cette situation intenable, Daniel Hernandez, entrepreneur de 41 ans, fait pre-tamponner des formulaires DOPA chez un notaire et assure des tournees a domicile pour les faire signer aux sans-papiers.
« Une fois que les descentes ont commence, les gens ont compris que c'etait reel », raconte-t-il. Depuis novembre, il a protege « plus de 1 000 enfants » et a encore 500 mineurs sur sa liste d'attente.

L'affaire du petit Liam qui a choque l'Amerique
La ville a ete choquee en janvier par l'arrestation d'un petit Equatorien de 5 ans, Liam Conejo Ramos. Selon les avocats de la famille, les agents federaux ont utilise l'enfant comme appat pour tenter de faire sortir sa mere de son domicile. Un juge a ordonne la liberation de Liam et de son pere, qui ont pu rentrer dimanche dans le Minnesota.
Des erreurs judiciaires aux consequences devastatrices
Richard Torres, demandeur d'asile venezuelien de 39 ans, a vu sa fille autiste de 2 ans et sa femme envoyees au Texas pour etre incarcerees apres un rendez-vous de routine. Motif invoque : elles auraient rate une audience, ce que M. Torres qualifie de « mensonge ». Un juge a reconnu l'erreur et ordonne leur liberation.
« Malheureusement, nous sommes actuellement entre les mains de Dieu. Aucune regle n'est respectee, aucune loi n'est appliquee », enrage-t-il.

Un papier comme dernier rempart
Plus certain de rien, Torres voit desormais la delegation d'autorite parentale comme le « seul moyen de garantir un minimum de securite a nos familles et a nos enfants ». En cas de malheur, il a confie la garde de sa petite Alani a la cousine de sa femme.











