Cuba est plongé dans l'obscurité. Pour la troisième fois en quatre mois, le réseau électrique national s'est effondré, laissant onze millions d'habitants sans courant. Derrière ces pannes à répétition, un fait massif et peu analysé en France : depuis le 9 janvier 2026, l'île ne reçoit plus une goutte de pétrole importé, conséquence directe du blocus américain renforcé après la destitution de Nicolás Maduro au Venezuela.
67 jours sans pétrole : l'asphyxie énergétique
Le Venezuela était le principal fournisseur de brut de Cuba, à des tarifs préférentiels hérités de l'ère Chavez-Castro. La chute du régime Maduro, puis le renforcement des sanctions américaines contre tout navire transportant du pétrole vers Cuba, ont coupé cette ligne d'approvisionnement vitale.
Depuis le 9 janvier, zéro baril de brut n'a atteint les ports cubains. Les centrales thermiques, vétustes et dépendantes du fuel lourd, tombent les unes après les autres. Le réseau électrique, déjà fragile, ne résiste plus.
Ce troisième blackout en quatre mois dépasse les précédents par sa durée et son ampleur. Les hôpitaux fonctionnent sur générateur quand ils en disposent. Plusieurs établissements ont dû reporter des opérations chirurgicales, faute de courant stable.
Trump assume : « je peux faire tout ce que je veux »
L'administration américaine ne dissimule pas ses intentions. Donald Trump a déclaré « j'aurai l'honneur de prendre Cuba », ajoutant « je peux faire tout ce que je veux ». Ces déclarations confirment ce que les analystes observent depuis janvier : Washington mène une stratégie délibérée de pression maximale visant un changement de régime à La Havane.
L'objectif affiché est le départ de Miguel Díaz-Canel, président cubain depuis 2018 et successeur de Raúl Castro. Le blocus pétrolier constitue le levier principal de cette stratégie : sans énergie, l'économie cubaine, déjà exsangue, s'effondre.
Des négociations secrètes dans l'ombre du blackout
Fait notable : les autorités cubaines ont admis l'existence de réunions secrètes avec des représentants américains. La nature exacte de ces échanges et les conditions discutées n'ont pas été rendues publiques.
Cette reconnaissance officielle suggère que La Havane, sous la pression du blackout et de la crise sociale qui en découle, explore des voies de sortie diplomatique. La population cubaine, elle, subit les conséquences concrètes : absence de réfrigération, arrêt des pompes à eau, paralysie des transports.
Une stratégie de regime change post-Venezuela
La séquence s'inscrit dans un continuum géopolitique. Après la destitution de Maduro au Venezuela, Cuba a perdu son principal allié régional et sa source d'énergie à prix réduit. L'administration Trump a immédiatement exploité cette vulnérabilité en resserrant l'étau sur les exportations pétrolières vers l'île.
Le schéma rappelle la « période spéciale » des années 1990, lorsque la chute de l'URSS avait privé Cuba de son principal soutien économique. La différence, cette fois, réside dans la volonté explicite de Washington de provoquer un changement politique, et non plus seulement d'isoler le régime.
Aucune médiation internationale n'a été annoncée à ce stade. Les regards se tournent vers le Mexique et le Brésil, seuls acteurs régionaux susceptibles de jouer un rôle d'intermédiaire entre La Havane et Washington.
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