Après avoir échangé de nombreuses invectives par réseaux sociaux interposés, Donald Trump et son homologue colombien Gustavo Petro se retrouvent mardi à la Maison Blanche pour tenter d'amorcer un dialogue.
Un rapprochement post-Venezuela
La rencontre a lieu peu après que le président américain a mis de facto sous tutelle le Venezuela, pays voisin de la Colombie. Le président colombien « est très sympa depuis un mois ou deux. Avant, il était critique mais depuis le raid au Venezuela, il est très sympa », a commenté Donald Trump lundi sur un ton teinté d'ironie.
La relation entre les deux hommes s'est détendue le 7 janvier, lors de leur premier échange téléphonique, peu après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines. L'opération avait d'abord conduit Gustavo Petro, ancien guérillero, à parler de « reprendre les armes » contre Washington.
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Les gestes de bonne volonté de Bogota
La Colombie a fait plusieurs concessions à l'égard du républicain : la reprise des vols d'expulsion de migrants depuis les Etats-Unis à bord d'appareils colombiens, après huit mois de suspension, et l'acceptation des épandages de glyphosate sur les champs de coca, une pratique abandonnée depuis 2015.
Le narcotrafic au coeur des discussions
La réunion sera en grande partie consacrée au trafic de stupéfiants, que Donald Trump s'est promis d'éradiquer. La Colombie est le plus gros producteur de cocaïne au monde, tandis que les Etats-Unis en sont le premier consommateur.
Pendant des années, Washington s'est appuyé sur Bogota pour lutter contre le narcotrafic, en finançant les forces de l'ordre et les services colombiens de renseignement à coups de milliards de dollars. Mais depuis l'arrivée au pouvoir de Gustavo Petro, la production et les exportations de cocaïne ont augmenté, et les Etats-Unis ont retiré la Colombie de la liste des pays alliés dans la lutte antidrogue en 2025.
Une rencontre à haut risque
L'issue de la réunion dépendra de l'alchimie entre le dirigeant républicain, notoirement impatient, et son invité, porté sur les longues digressions théoriques. « Les deux sont éruptifs », explique le politologue Felipe Botero, selon qui « la rencontre pourrait facilement dérailler ».
Donald Trump n'a pas hésité depuis son retour au pouvoir à tendre des embuscades publiques à ses invités : le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le sud-africain Cyril Ramaphosa en gardent de cuisants souvenirs.











