Reinardo Morillo est descendu d'une camionnette pour être aussitôt assailli par ses deux fils, dans un quartier de San Fernando de Apure décoré de ballons aux couleurs du Venezuela. Cet ancien inspecteur de la police scientifique, âgé de 41 ans, a retrouvé sa famille après un an d'incarcération, libéré en vertu de la loi d'amnistie adoptée sous pression américaine par la présidente par intérim Delcy Rodriguez.
Un an de détention pour « trahison » et « terrorisme »
Reinardo Morillo avait été arrêté le 30 septembre 2024 à Guasdualito, à quelque six heures de route de San Fernando. Il était accusé de trahison, de terrorisme, de conspiration et de collaboration avec un ancien chef de la police en exil, dans le but de renverser le président Nicolás Maduro, aujourd'hui déchu.
Sa famille est convaincue qu'il a été victime de représailles pour avoir enquêté sur une affaire impliquant les services de contre-espionnage. Pendant neuf mois, ses proches sont restés sans nouvelles. Son épouse, Grecia Arana, 34 ans, a dormi près d'un mois dans un campement improvisé devant la prison Rodeo I, dans la banlieue de Caracas, avec d'autres familles de détenus politiques.
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Des retrouvailles spontanées et émouvantes
« Cet amour familial, cette liberté n'ont pas de prix. Vive le Venezuela libre », a déclaré Reinardo Morillo à l'AFP, les larmes aux yeux, au milieu de la foule qui l'aspergeait d'une mousse festive. « Bienvenue à la maison », proclamait une banderole à l'entrée du domicile familial, tandis que l'hymne vénézuélien retentissait dans un haut-parleur.
Les habitants du quartier 9 de Diciembre avaient préparé une mise en scène pour l'accueillir, avec les enfants devant une bannière et la famille munie de ballons blancs portant des messages personnels. Mais les enfants se sont mis à courir vers la camionnette dès qu'ils l'ont aperçue. « Quelle surprise ! », s'est exclamé Morillo, qui n'a pas cessé d'embrasser voisins et membres de sa famille.
Plus de 500 prisonniers politiques encore détenus
Reinardo Morillo fait partie des personnes libérées grâce à l'amnistie approuvée par le Parlement vénézuélien, adoptée après la capture du président Nicolás Maduro le 3 janvier. Au total, 217 personnes ont été relâchées jusqu'à jeudi, selon le Parlement.

L'ONG Foro Penal regrette des libérations au compte-gouttes, estimant que plus de 500 prisonniers « politiques » restent dans les geôles vénézuéliennes. « Même si mon mari est à la maison, le combat continue », a déclaré Grecia Arana. « Il reste encore beaucoup de personnes là-bas, beaucoup d'innocents, et tant que le dernier ne sera pas sorti, mon combat ne s'arrêtera pas. »
Je remercie Dieu que mon père
« Je remercie Dieu que mon père soit ici, sain et sauf, et que nous puissions à nouveau former une famille unie », a confié Rey Isnardo, l'aîné des fils de Reinardo Morillo, tandis que la fête se prolongeait jusqu'à la tombée de la nuit.











