Le Salon international de l'agriculture a fermé ses portes dimanche à Paris au terme d'une 62e édition sur fond de crise agricole profonde. La fréquentation a chuté de 27,9% par rapport à l'année précédente, avec 437 402 visiteurs contre 607 000 en 2025, loin du record de 2014 (703 000).
Une affluence en forte baisse
Dès les quatre premiers jours, la fréquentation était en recul d'environ 25%. L'absence de bovins pour cause de dermatose, qui s'ajoute à celle des volailles depuis 2019 pour cause de grippe aviaire, a pesé sur l'événement. De nombreux exposants faisaient grise mine, citant également la réorganisation des halls due à des travaux.
« Ça a été un salon qui n'était pas comme les autres. L'absence des bovins a beaucoup marqué. Quand il manque quelqu'un dans la famille, ce n'est pas comme d'habitude », a reconnu le président du salon, Jérôme Despey, assurant que l'an prochain sera « différent » avec un salon qui reviendra « plus fort ».
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Les responsables politiques nont pas manqué
Les responsables politiques n'ont pas manqué au rendez-vous, à commencer par le président Emmanuel Macron, resté 12 heures le premier jour.
Production et compétitivité à l'ordre du jour
Alors que l'agriculture s'enfonce dans une crise de revenus et voit son excédent commercial se réduire, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard (LR) a appelé à relancer « production, réindustrialisation, compétitivité », fustigeant les « apprentis sorciers de la décroissance ».
« Les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, peuvent-elles toujours tenir la cadence face à des exploitations roumaines, polonaises ou même allemandes ? », s'est-elle interrogée. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a trouvé « assez courageux qu'on se pose la question ». La Confédération paysanne s'est insurgée contre « un plan social scandaleux ».
Le gouvernement a promis une loi
Le gouvernement a promis une « loi d'urgence agricole » répondant notamment aux demandes de la FNSEA de « moyens de production ». Le collectif d'ONG Nourrir a dévoilé en réponse avec la Confédération paysanne une « proposition de loi » soutenant la protection de l'environnement et le revenu des paysans.
Agriculture bio en recul et tensions européennes
Le nombre de producteurs engagés en agriculture biologique a baissé pour la première fois en 2025, selon l'Agence Bio. Le nombre de fermes en bio est passé à 61 490, soit une baisse de 0,6%. Or la demande, qui avait chuté en 2022, confirme sa reprise depuis 2024, ce qui pourrait poser un problème d'approvisionnement.
Sur le front européen, le commissaire Christophe Hansen est venu avec 40 millions d'euros pour aider la filière viticole et une suspension d'un an de droits de douane sur les engrais importés. Mais la semaine s'est terminée par la décision de Bruxelles d'appliquer provisoirement l'accord de libre-échange UE-Mercosur, sans attendre l'avis demandé par le Parlement européen à la Cour de justice de l'UE.











