Dernière mise à jour : 18 mars 2026 à 20h00 (heure de Paris). Le conflit au Moyen-Orient pèse déjà sur le portefeuille des Français. Poste par poste, voici ce que la guerre change concrètement.
→ South Pars frappé : le gaz européen menacé · Prix de l’essence mars 2026
À la pompe : gazole à 2,06 EUR, 182 stations à sec
Le gazole a franchi la barre des 2 EUR/l en moyenne nationale. Au 18 mars, il atteint 2,06 EUR/l, en hausse de 15,5 % depuis le 1er mars. Le SP95-E10 est à 1,80-1,85 EUR/l (+5,4 %).
182 stations-service sont en rupture totale sur 9 842 recensées (1,8 %). Les ruées aux pompes ont été signalées en Normandie, en PACA et à Rennes. TotalEnergies maintient un gel des prix à 1,99 EUR/l (essence) et 2,09 EUR/l (gazole) dans ses stations depuis le 13 mars.
Pour un automobiliste qui roule 12 000 km par an en diesel, le surcoût annuel est d’environ 220 EUR par rapport à février.
Facture de gaz : +60 % sur le TTF, hausse dès mai
Le prix du gaz européen (référence TTF) a progressé de 60 % depuis le début du conflit. La frappe sur South Pars le 18 mars a provoqué un bond supplémentaire de 8 % en une seule séance. Selon HSBC, le gaz européen sera 40 % plus cher que prévu sur la période 2026-2027.
Concrètement, toute hausse durable du TTF se répercute sur les factures des ménages français avec un décalage de un à trois mois. Les premières augmentations sont attendues dès mai 2026. La Banque de France évoque un « choc qui peut entraîner un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance ».
Pour un foyer chauffé au gaz avec une consommation moyenne (10 000 kWh/an), la hausse représente 120 à 250 EUR/an selon la durée du conflit.
Alimentation : la hausse silencieuse
Le pétrole entre dans la chaîne alimentaire à chaque étape : engrais, transport, emballage, réfrigération. Quand le Brent passe de 70 à 108 $ (+54 %), les prix alimentaires suivent avec un décalage de trois à six mois.
L’aggravation est double : le détroit d’Ormuz, quasi fermé (90 navires en transit depuis le 28 février contre 100+/jour), bloque aussi le transit des engrais. Le Golfe fournit près de 30 % de la production mondiale d’urée. Si le blocus dure, les rendements agricoles mondiaux seront affectés.
Pour un ménage français moyen, la hausse des prix alimentaires liée au choc pétrolier est estimée entre 50 et 120 EUR/an.
Crédit immobilier : les taux au plus haut depuis 2011
L’inflation liée à l’énergie repousse toute perspective de baisse des taux. La Fed se réunit ce 18 mars et ne devrait pas assouplir sa politique. La BCE est dans la même situation.
Les taux d’emprunt immobilier en France sont au plus haut depuis 2011. Le rendement de l’OAT 10 ans française est à 3,52 %. Pour un emprunt de 250 000 EUR sur 20 ans, la différence entre un taux à 3,5 % et un taux à 2,5 % (niveau pré-conflit) représente environ 150 EUR/mois, soit 1 800 EUR/an.
Billets d’avion et tourisme : les destinations touchées
Les vols transitant par Doha (Qatar Airways) et Dubaï (Emirates) sont perturbés par les attaques iraniennes. L’aéroport de Dubaï a été touché par un drone. Environ 20 000 touristes français restent bloqués en Asie.
La hausse du kérosène se répercute sur les billets d’avion. Les compagnies appliquent des surcharges carburant de 30 à 80 EUR par billet sur les destinations long-courriers. Les vols vers l’Asie, l’Océanie et l’Afrique de l’Est sont les plus touchés.
Fioul domestique : +5,35 % en une journée
Le fioul domestique a bondi de 5,35 % le 18 mars après la frappe sur South Pars. Pour les 3,5 millions de foyers français chauffés au fioul, le surcoût est immédiat. Une cuve de 2 000 litres coûte désormais environ 2 400 EUR, contre 1 800 EUR avant le conflit.
Quelles aides et quels recours ?
À ce stade, Bercy n’a pris aucune mesure d’encadrement des prix ni de chèque énergie exceptionnel. Le seul filet de sécurité est le gel volontaire de TotalEnergies. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a averti que l’Europe et le G7 devaient « garder des munitions » avec les réserves stratégiques.
Les 32 pays de l’AIE ont débloqué 400 millions de barils de réserves stratégiques (le plus grand déblocage de l’histoire). La France a proposé 14,5 millions de barils. L’AIE se dit prête à en débloquer davantage si nécessaire.
Combien ça coûte au total par foyer ?
En cumulant carburant, gaz, alimentation et fioul, le surcoût lié à la guerre pour un ménage français moyen se situe entre 400 et 600 EUR par an si le conflit dure au-delà de trois mois. Si le Brent atteint 120-130 $ et que le blocus d’Ormuz persiste, la fourchette monte à 800-1 200 EUR.
Ces chiffres n’incluent pas l’impact indirect sur le crédit immobilier (1 800 EUR/an pour un nouvel emprunteur) ni les surcharges aériennes.
→ Les marchés face à la guerre · Guide pénurie d’essence · Engrais bloqués à Ormuz











