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Guerre Iran-USA, Ormuz :
pourquoi le cessez-le-feu tient à un fil

L'enchaînement Project Freedom – Fujairah du 4 mai a fait craquer le cessez-le-feu Iran-USA, qui avait tenu 26 jours. Notre lecture au 5 mai 2026 — Brent à 115 $, terminal VTTI en feu, Liban 2 696 morts, Mojtaba Khamenei toujours invisible.

Mis à jour le mardi 5 mai 2026 — 10h58
12 min
Soldats iraniens en uniforme camouflage devant un panneau d'affichage géant « At The Breaking Point » à Téhéran, mai 2026, en pleine crise du détroit d'Ormuz
Des soldats iraniens devant un panneau « At The Breaking Point » à Téhéran, le 2 mai 2026, en pleine crise du détroit d'Ormuz (AFP / Fatemeh Bahrami / Anadolu)© AFP / Fatemeh Bahrami / Anadolu
Mise à jour — 5 mai 2026. Trump a annoncé Project Freedom dimanche 3 mai après-midi, sur Truth Social. Lundi 4 mai au matin, des destroyers américains entrent dans Ormuz. Lundi soir, l'Iran tire douze missiles balistiques, trois missiles de croisière et quatre drones sur les Émirats arabes unis. La majorité est interceptée par les défenses aériennes émiraties, mais des débris d'un drone intercepté allument un incendie au terminal VTTI dans la zone industrielle pétrolière de Fujairah, trois ressortissants indiens blessés. Plus tôt dans la journée, deux drones ont visé le Barakah, un pétrolier affilié ADNOC à vide dans le détroit. Première attaque iranienne sur le sol émirati depuis le cessez-le-feu Iran-USA du 8 avril. Trump refuse désormais de dire si ce cessez-le-feu existe encore. Brent autour de 115 dollars, pic 126 dollars le 30 avril. Liban : 2 696 morts au 4 mai. Mojtaba Khamenei, Guide depuis le 9 mars, n'a toujours pas reparu — selon le New York Times, il vit avec une équipe médicale 24/7 dans un lieu tenu secret.

Trois décisions en vingt-quatre heures. Et un fait qu'on a tendance à oublier : Washington et Téhéran ne se parlent plus directement depuis l'annulation du voyage Vance/Witkoff/Kushner, le 21 avril.

Le cessez-le-feu Iran-USA, signé in extremis le 8 avril (moins de deux heures avant l'expiration de l'ultimatum Trump), a tenu vingt-six jours. Lundi 4 mai, il a craqué dès la première vraie mise à l'épreuve. Et Trump refuse depuis lors de dire s'il tient encore.

La question qu'on se pose, au 5 mai : ce cessez-le-feu couvrait-il vraiment les Émirats ? Si non, ce n'était pas un cessez-le-feu — c'était une trêve à géométrie variable.

Voici notre lecture, faits à l'appui.

Ce que Trump a fait dimanche, ce que l'Iran a fait lundi

Dimanche 3 mai après-midi, heure de Washington. Trump poste sur Truth Social. L'opération s'appellera Project Freedom. Démarrage lundi matin, heure du Golfe.

Le matériel engagé est lourd : des destroyers lance-missiles, plus d'une centaine d'appareils, des plateformes autonomes, 15 000 soldats — c'est le Centcom qui le détaille. Ce que la communication initiale a appelé « escorte » n'en est pas une, au sens strict : les bâtiments américains restent « à proximité » pour dissuader, sans remorquer les marchands. La distinction paraît bureaucratique. Elle ne l'est pas. Une escorte vous fait avancer. Une présence à proximité vous laisse seul si l'Iran décide d'agir.

Les premières heures donnent le ton. L'US Navy coule sept petites vedettes iraniennes après tirs sur des navires commerciaux. L'agence iranienne Fars revendique deux missiles tirés sur une frégate américaine près de Jask. Le Centcom dément. Trump promet sur Truth Social que l'Iran serait « rayé de la carte » en cas d'attaque contre l'US Navy.

Lundi soir, la riposte.

Pas sur les Américains : sur les Émirats. Selon le ministère émirati de la Défense, les défenses aériennes émiraties ont engagé douze missiles balistiques, trois missiles de croisière et quatre drones venus d'Iran. La majorité a été interceptée — mais des débris d'un drone intercepté ont allumé un incendie au terminal VTTI, dans la zone industrielle pétrolière de Fujairah. Trois ressortissants indiens, moyennement blessés. Plus tôt dans la journée, deux drones avaient visé le Barakah, un pétrolier affilié ADNOC qui transitait à vide dans le détroit d'Ormuz — aucun blessé. Premier impact iranien sur le sol émirati depuis le cessez-le-feu Iran-USA du 8 avril.

Choisir Fujairah n'est pas un détail. Le port se trouve au bout de l'oléoduc Abu Dhabi Crude Oil Pipeline, construit précisément pour exporter du brut sans passer par Ormuz. C'est la porte de derrière de l'OPEP+ vers les marchés mondiaux. La frapper, c'est dire : aucune sortie n'est sûre.

Depuis lundi soir, Trump refuse de confirmer si le cessez-le-feu Iran-USA tient encore. Il ne dit ni oui ni non. C'est cette ambiguïté qui nous frappe : un président américain qui ne sait plus s'il a un accord en vigueur avec un adversaire avec qui il vient d'échanger des tirs.

115 dollars : où on en est, et pourquoi 2026 n'est pas 1988

Le baril de Brent évoluait autour de 115 dollars au 4 mai 2026 (cours TradingEconomics, OilPrice). Le 30 avril, il avait touché 126 dollars en intra-day, plus haut depuis juin 2022. Depuis le 28 février, gain d'environ 60 % (Banque mondiale : 69 dollars en moyenne sur 2025). Le WTI testait les 100 dollars.

L'Agence internationale de l'énergie a qualifié la perturbation de « plus grande interruption d'approvisionnement jamais enregistrée ». Le 11 mars, ses 32 États membres ont mis 400 millions de barils sur la table — la plus grosse libération coordonnée de réserves stratégiques de l'histoire. Ce n'a pas suffi à faire redescendre les cours.

Au 29 avril, l'UKMTO comptait plus de 850 navires marchands coincés dans le Golfe : plus de 270 pétroliers, une vingtaine de méthaniers, une centaine de porte-conteneurs. L'Organisation maritime internationale parle de plus de 20 000 marins en stand-by. Maersk a bascule ses lignes Asie-Europe par le Cap de Bonne-Espérance. Deux à trois semaines de mer en plus, par cargaison.

On a beaucoup comparé cette crise à la Tanker War de 1981-1988, quand l'Iran et l'Irak s'étaient pris à plus de quatre cents navires marchands (dont 31 coulés et 50 perdus totaux). La comparaison ne tient qu'à moitié. À l'époque, l'Iran avait menacé de fermer Ormuz sans le faire — son économie dépendait trop de l'exportation pétrolière par cette même route. En 2026, l'Iran ferme. Pas avec une marine de guerre coûteuse, comme dans les années 1980 : avec des drones bon marché, quelques mines, et surtout l'effet d'un système d'assurance maritime qui refuse de couvrir les passages risqués. Le trafic commercial est tombé de 3 000 navires par mois avant la guerre à 191 en avril selon Kpler — soit près de 95 % de réduction. C'est une fermeture par effet de seuil, pas par blocus naval.

Le 1er mai, les Émirats arabes unis ont quitté l'OPEP et l'OPEP+ après cinquante-neuf ans d'adhésion. Capacité 4,8 millions de barils par jour qui sortent du cartel. L'Arabie saoudite, elle, a remis Petroline en service complet le 12 avril, à 7 millions de barils par jour. Petroline est l'oléoduc Est-Ouest saoudien — la même solution que les Émirats avec leur pipeline d'Abu Dhabi vers Fujairah. Les contournements existent. Frapper Fujairah lundi soir, c'est attaquer la stratégie.

Ce que paie le Français au comptoir

Au 5 mai, le gazole en France atteint 2,226 €/L en moyenne, le SP98 2,119 €/L, le SP95-E10 2,032 €/L. Le SP95 a repassé la barre des 2 euros depuis fin avril.

TotalEnergies tient son plafonnement depuis le 8 avril : 1,99 €/L l'essence, 2,25 €/L le gazole, dans ses 3 300 stations. Annonce du 30 avril : « tant que la crise au Moyen-Orient durera ». Et opération « prix unique » sur les ponts de mai (1er-3, 8-10, 14-17 mai), avec gazole à 2,09 €/L. Ceux qui peuvent s'organiser font le détour par une Total. Les autres prennent ce qu'ils trouvent.

Aux États-Unis, le gallon ordinaire tape 4,15 dollars fin avril, contre environ trois dollars avant la guerre. Le Bureau of Labor Statistics enregistre une hausse de 21,2 % en mars sur les prix de l'essence — un record depuis la création de l'indice essence en 1967. Dans la liste des effets indirects : 95 pays au moins voient leurs prix à la pompe grimper depuis le 28 février, selon le décompte BDor repris par Euronews.

L'inflation que la BCE n'a pas vu venir, ou n'a pas voulu voir

L'inflation flash en zone euro a grimpé à 3,0 % en avril 2026, contre 2,6 % en mars. Énergie +10,9 %, selon Eurostat. Plus haut depuis septembre 2023. La BCE, le 30 avril, maintient son taux directeur à 2 % — troisième réunion sans bouger. Christine Lagarde garde la porte ouverte à une hausse de 25 points de base en juin.

Notre lecture : la BCE a fait le choix d'attendre la confirmation que le choc énergétique n'est pas transitoire. Elle l'a peut-être déjà.

L'INSEE publie le même 30 avril : France à 2,2 % en avril, contre 1,7 % en mars. Énergie +14,2 % sur un an. PIB français resté plat au premier trimestre. L'Allemagne a divisé par deux sa prévision 2026 (de 1 % à 0,5 %), l'Italie l'a ramenée à 0,6 %. La consommation des ménages recule de 0,1 % en France au T1. C'est peu et c'est beaucoup.

De l'autre côté de l'Atlantique, le diagnostic est plus sombre. L'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan tombe à 47,6 en lecture préliminaire d'avril. C'est le plus bas historique pour cette série, lancée en 1952 — soit en pleine guerre de Corée. Les anticipations d'inflation à un an des Américains sont passées de 3,8 % en mars à 4,8 % en avril, plus forte hausse mensuelle jamais enregistrée. Le FMI a ramené sa prévision de croissance mondiale 2026 à 3,1 % (-0,3 point) ; zone euro 1,1 %, France 0,9 %, Iran -6,1 %.

À Téhéran, le pouvoir n'est plus là où il devrait être

L'Iran vit sa première transition depuis 1989.

Ali Khamenei, Guide suprême depuis cette année-là, a été tué le 28 février dans les frappes américano-israéliennes initiales. L'Assemblée des experts a élu son fils Mojtaba Khamenei comme successeur le 9 mars. Près de deux mois plus tard, il n'est toujours pas apparu publiquement — ni image, ni audio, rien.

Le New York Times, dans une enquête publiée le 23 avril fondée sur vingt-trois sources iraniennes anonymes, donne la raison. Mojtaba Khamenei a été grièvement blessé dans la frappe qui a tué son père. Trois opérations à la jambe, prothèse en attente. Visage et lèvres sévèrement brûlés, parole rendue difficile. Une main opérée. Il vit dans un lieu tenu secret, entouré d'une équipe médicale présente vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sa communication passe par messages manuscrits scellés, transmis via une chaîne de courriers en voiture et en moto qui empruntent des routes secondaires. Les commandants de l'IRGC évitent de lui rendre visite en personne par crainte qu'Israël ne pousse leurs déplacements jusqu'à la cachette. Selon les sources du NYT, le Guide reste « mentalement lucide et engagé » dans les décisions stratégiques.

Mais.

Le pouvoir effectif s'est partiellement déplacé. Le quotidien Time écrivait dès le 21 avril que « le Guide suprême de l'Iran ne règne plus en suprême ». Le New York Times identifie un « triangle » qui prend les décisions au quotidien — trois anciens compagnons de Mojtaba dans la guerre Iran-Irak des années 1980 : Hossein Taeb (ex-chef du renseignement de l'IRGC), le général Mohsen Rezaei (commandant de Mojtaba dans les années 1980, sorti de retraite) et Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement. Détail qui dit tout : Ghalibaf a remplacé le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi dans les négociations avec Washington — Araghchi, sidelined. Ahmad Vahidi est commandant en chef de l'IRGC depuis le 1er mars (après la mort de son prédécesseur Mohammad Pakpour le 28 février, lui-même remplaçant de Hossein Salami tué en juin 2025), mais il n'est pas du triangle.

Au Liban, le bilan officiel atteint 2 696 morts et 8 264 blessés au 4 mai selon le ministère de la Santé, depuis le déclenchement de la guerre Israël-Hezbollah le 2 mars. La trêve, prolongée trois semaines par Trump le 23 avril, expire le 17 mai. Lundi 4 mai, le secrétaire général du Hezbollah Naïm Qassem a réitéré son refus catégorique de toute négociation directe avec Israël, qualifiant l'offensive en cours d'« agression israélo-américaine continuelle ». Le président libanais Joseph Aoun, lui, plaide pour des pourparlers directs. Beyrouth est divisée à l'intérieur d'elle-même.

La question qu'on a en tête, au 5 mai : qui négocie avec qui, quand le Guide ne parle plus, quand le cessez-le-feu Iran-USA vient de prendre une journée de tirs, et quand la trêve Israël-Liban expire dans douze jours ?

Ce qu'on regarde maintenant

Trois échéances pour les deux semaines qui viennent.

17 mai. Expiration de la trêve Israël-Liban. Soit Trump arrache une nouvelle prolongation à Aoun et Netanyahou (qu'il espère recevoir à la Maison-Blanche), soit la guerre du Liban repart à pleine intensité.

Suite Project Freedom. Combien de marchands acceptent de transiter sous présence américaine « à proximité » ? Tim Huxley, président de Mandarin Shipping, a été clair lundi : « Le détroit reste extrêmement dangereux. La plupart des navires continueront à éviter le passage tant que les deux camps n'auront pas convenu de quelque chose de plus solide. » Si les chiffres restent à ~10 % du trafic normal, l'opération est un échec.

Prochaine cible iranienne. L'Iran a déjà choisi : Fujairah. Pas Tel-Aviv, pas Riyad, pas une base américaine. Un terminal pétrolier et un pétrolier ADNOC sur le contournement d'Ormuz. C'est précis, c'est calibré, et c'est répétable.

Ce qui se joue n'est plus le détroit. Ce sont les sorties de secours.

À lire aussi

Sources : AFP · New York Times · Al Jazeera · TradingEconomics — Brent · Banque mondiale · FMI · BCE · Eurostat · INSEE · UKMTO · OMI · AIE · BLS · CNBC

L'essentiel

  • Trois décisions en 24 heures (3-4 mai) : Trump signe Project Freedom dimanche après-midi, des destroyers américains entrent dans Ormuz lundi matin, l'Iran frappe Fujairah lundi soir
  • L'Iran a choisi Fujairah, au bout du contournement d'Ormuz par pipeline. Le 4 mai : terminal VTTI en feu (débris d'un drone intercepté) + pétrolier ADNOC Barakah visé dans le détroit. Ce que Téhéran attaque, c'est la stratégie de sortie de secours
  • Brent autour de 115 $/baril au 4 mai (pic 126 $ le 30 avril, +60 % depuis le 28 février). 850+ navires bloqués dans le Golfe (UKMTO), trafic tombé à 191 navires en avril selon Kpler — soit près de 95 % de réduction
  • À Téhéran, le pouvoir n'est plus là où il devrait être : Mojtaba Khamenei vit avec une équipe médicale 24/7, communique par messages manuscrits transmis par des courriers en moto. Le NYT identifie un triangle de pouvoir composé de Hossein Taeb, Mohsen Rezaei et Mohammad Bagher Ghalibaf — Araghchi sidelined, remplacé par Ghalibaf
  • Trois échéances pour les deux semaines à venir : 17 mai (expiration trêve Israël-Liban), suite de Project Freedom (combien de marchands acceptent de transiter ?), prochaine cible iranienne (Fujairah était précis, calibré, répétable)

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'opération « Project Freedom » lancée le 4 mai 2026 ?
Lundi 4 mai 2026, la marine américaine est entrée dans le détroit d'Ormuz dans le cadre de l'opération « Project Freedom », annoncée la veille par Donald Trump sur Truth Social. Les bâtiments américains restent à proximité des navires marchands pour les dissuader, sans les escorter directement. Le déploiement engage des destroyers lance-missiles, plus d'une centaine d'appareils et 15 000 soldats selon le Centcom. Quelques heures après le lancement, l'US Navy a coulé sept petites vedettes iraniennes après tirs sur des navires commerciaux. L'agence iranienne Fars revendique deux missiles tirés sur une frégate américaine près du port de Jask, le Centcom dément. Trump refuse depuis lors de dire si le cessez-le-feu Iran-USA, en vigueur depuis le 8 avril, tient encore.
Quelle a été la riposte iranienne sur les Émirats le 4 mai ?
Lundi 4 mai en soirée, selon le ministère émirati de la Défense, les défenses aériennes émiraties ont engagé douze missiles balistiques, trois missiles de croisière et quatre drones venus d'Iran. La majorité a été interceptée — mais des débris d'un drone intercepté ont allumé un incendie au terminal VTTI dans la zone industrielle pétrolière de Fujairah. Trois ressortissants indiens, moyennement blessés. Plus tôt dans la journée, deux drones avaient visé le Barakah, un pétrolier affilié ADNOC qui transitait à vide dans le détroit d'Ormuz — aucun blessé. C'est la première attaque iranienne sur les Émirats depuis le cessez-le-feu Iran-USA du 8 avril. Frapper Fujairah a un sens stratégique : le port se trouve au bout de l'oléoduc Abu Dhabi Crude Oil Pipeline, voie de contournement d'Ormuz pour le brut émirati.
Quel est le niveau du Brent au 4 mai 2026 ?
Le baril de Brent évoluait autour de 115 dollars au 4 mai 2026, selon TradingEconomics et OilPrice. Le 30 avril, il avait touché 126 dollars en intra-day — le plus haut depuis juin 2022. Depuis le 28 février, le Brent a gagné environ 60 % (contre 69 dollars en moyenne sur 2025 selon la Banque mondiale). L'Agence internationale de l'énergie a qualifié la perturbation de « plus grande interruption d'approvisionnement jamais enregistrée » et a libéré 400 millions de barils de réserves stratégiques le 11 mars — la plus grosse libération coordonnée de son histoire. Au 29 avril, l'UKMTO comptait plus de 850 navires marchands bloqués dans le Golfe.
Quelles sont les conséquences sur l'inflation et le pouvoir d'achat ?
L'inflation flash en zone euro a grimpé à 3,0 % en avril 2026 (contre 2,6 % en mars), tirée par une hausse de 10,9 % des prix de l'énergie selon Eurostat. La BCE a maintenu son taux directeur à 2 % le 30 avril. En France, l'INSEE a publié le même jour son estimation provisoire d'inflation à 2,2 % en avril (contre 1,7 % en mars), avec une hausse des prix de l'énergie de 14,2 % sur un an. Aux États-Unis, l'indice de confiance des consommateurs (Université du Michigan) est tombé à 47,6 en lecture préliminaire d'avril — le plus bas historique pour cette série lancée en 1952. Le FMI a ramené sa prévision de croissance mondiale 2026 à 3,1 %.
Qui dirige l'Iran depuis la mort d'Ali Khamenei ?
Ali Khamenei, Guide suprême depuis 1989, a été tué le 28 février 2026 lors des frappes américano-israéliennes initiales. L'Assemblée des experts a élu son fils Mojtaba Khamenei comme successeur le 9 mars. Près de deux mois plus tard, Mojtaba Khamenei n'est toujours pas apparu publiquement. Selon une enquête du New York Times publiée le 23 avril, fondée sur 23 sources iraniennes anonymes, il a été grièvement blessé dans la frappe qui a tué son père : trois opérations à la jambe, brûlures sévères au visage et aux lèvres, une main opérée. Il vit dans un lieu tenu secret entouré d'une équipe médicale présente 24 heures sur 24, et communique exclusivement par messages manuscrits transmis par des courriers en voiture et en moto. Le NYT identifie un triangle of power composé de trois anciens compagnons de Mojtaba dans la guerre Iran-Irak des années 1980 : Hossein Taeb (ex-chef du renseignement IRGC), Mohsen Rezaei (commandant de Mojtaba dans les années 1980, sorti de retraite) et Mohammad Bagher Ghalibaf (président du Parlement, qui a remplacé le ministre Abbas Araghchi dans les négociations avec Washington). Ahmad Vahidi est commandant en chef de l'IRGC depuis le 1er mars 2026.

Antoine Lefebvre

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