Cet article est mis à jour régulièrement. Dernière mise à jour : 23 mars 2026, résultats définitifs du second tour dans l'ensemble des territoires ultramarins.
Le second tour des municipales 2026 en Outre-mer s'est tenu le 22 mars dans 129 communes réparties sur huit territoires. Le scrutin a confirmé deux tendances nationales : une mobilisation en hausse et un renouvellement massif des élus locaux. Sur l'ensemble de l'Outre-mer, la participation dépasse 55 % dans la majorité des territoires, un niveau supérieur au premier tour et aux municipales de 2020.
Nouvelle-Calédonie : Lagarde triomphe, les Loyalistes s'imposent dans le Grand Nouméa
Avec une participation de 58,9 % — contre 56,08 % au premier tour et seulement 17,2 % au second tour de 2020 —, la Nouvelle-Calédonie enregistre une mobilisation citoyenne exceptionnelle. Cette hausse traduit la volonté de la population de tourner la page des émeutes de mai 2024.
À Nouméa, Sonia Lagarde efface le suspense du premier tour (49,98 %, à 8 voix de la majorité absolue) en s'imposant avec 62 % des voix et 19 540 suffrages. Virginie Ruffenach recueille 19,12 % et Philippe Dunoyer 18,89 %. Lagarde obtient un troisième mandat et 43 sièges au conseil municipal.
Le fait politique majeur du scrutin calédonien est la percée des Loyalistes dans le Grand Nouméa. À Dumbéa, Cynthia Jan (Générations NC/Les Loyalistes) l'emporte avec 45,3 %, battant le maire sortant Yoann Lecourieux. Au Mont-Dore, Nina Julié (47,5 %) met fin à quarante ans de domination du Rassemblement, en poste depuis 1983. À Païta, Antoine Romain (43,2 %) confirme le basculement du Grand Nouméa vers les non-indépendantistes.
En brousse, les résultats sont plus contrastés. À Poindimié, Paul Néaoutyine sauve son siège avec 35,7 % après avoir failli être battu au premier tour (0,8 point d'avance). À La Foa, Stevens Kaouda (56,8 %) bat la sortante Florence Rolland. À Canala, Caril Beronon (50,5 %) met fin au mandat de Gilbert Tyuienon dans un duel serré.
La Réunion : sept maires sortants battus, la France insoumise crée la surprise
Avec une participation de 60,37 %, La Réunion confirme sa tradition de forte mobilisation électorale. Mais le résultat le plus marquant de ce second tour est l'ampleur du renouvellement : sept maires sortants ont été battus, un chiffre sans précédent sur l'île. Seuls trois sortants ont été reconduits au second tour.
La surprise vient du Tampon (deuxième commune de l'île). Alexis Chaussalet, 32 ans, soutenu par la France insoumise, l'emporte avec 45,29 % des voix (17 738 suffrages) face au maire sortant Patrice Thien Ah Koon (43,23 %, 16 932 voix). Nathalie Bassire arrive troisième avec 11,48 %. Ce basculement à gauche met fin à plusieurs décennies de domination de la droite dans cette commune du sud de l'île.
À Saint-Pierre, David Lorion est élu avec 56,01 % des voix, confirmant son avance du premier tour (44,33 %). À Saint-Paul, le maire sortant Emmanuel Séraphin est réélu avec 55,72 % face à Cyrille Melchior (44,26 %), avec un taux de participation de 57,80 %. À Saint-André, Joé Bédier est réélu de justesse : 34 voix d'écart seulement face à Laurent Virapoullé (12 175 contre 12 141 voix). Laurent Virapoullé a annoncé vouloir contester les résultats.
À La Possession, Erick Fontaine bat la sortante Vanessa Miranville avec 101 voix d'avance. À Saint-Leu, Karim Juhoor s'impose avec 50,87 %. L'île compte désormais six femmes maires sur 24 communes, avec les élections de Laïla Nassibou à Cilaos et Céline Sitouze à Sainte-Marie.
Mayotte post-cyclone Chido : reconstruction et renouvellement
Avec une participation de 59,1 % (contre 58,2 % au premier tour), Mayotte confirme que le cyclone Chido de décembre 2024 a transformé ces municipales en scrutin de reconstruction. Les quatorze communes en ballottage ont rendu leur verdict le 22 mars au soir.
Le bilan politique est net : sur 17 communes, seuls cinq maires sortants ont été reconduits — trois dès le premier tour (Ambdilwahedou Soumaila à Mamoudzou, Mohamadi Madi Ousseni à Chiconi et Saïd Maanrifa Ibrahima à M'tsangamouji) et deux au second tour (Hamada Issilamou à Tsingoni et Houssamoudine Abdallah à Sada).
Le parti Les Républicains progresse fortement, passant de trois à sept élus locaux. Le MDM perd ses trois maires sortants (Bandrélé, Ouangani et Acoua) mais gagne Dzaoudzi-Labattoir avec l'élection de Freddy Novou face au sortant Mikidache Houmadi.
À Koungou, Saïd « Raos » Ahamadi réalise un retour spectaculaire en reprenant la mairie 18 ans après l'avoir quittée, avec 52,04 % des voix. Le scrutin a été entaché par une enquête sur des procurations frauduleuses à Bouéni et un recours au tribunal administratif concernant Mamoudzou.
Martinique : Laguerre reconduit, percée du mouvement Péyi-a
Les électeurs de 14 communes martiniquaises ont voté au second tour. À l'issue du scrutin, dix nouveaux maires ont été élus, dont cinq femmes, tandis que quatre édiles ont été reconduits. Au total, huit maires sortants ont été battus.
À Fort-de-France, le maire sortant Didier Laguerre (LDVG) est réélu pour un troisième mandat avec 50,10 % des voix (11 994 suffrages), devançant Steeve Moreau et Francis Carole. La quadrangulaire annoncée s'est réduite à une triangulaire après le retrait de Nathalie Jos.
Le fait politique de ce second tour martiniquais est la percée du mouvement Péyi-a (soutien Mélenchon), qui remporte trois mairies : Saint-Pierre (Ludmila Larade-Eustache), Prêcheur (Guylène Joseph-Angélique) et Marigot (Cynthia Yerro, 59,60 %). La Martinique compte désormais neuf femmes maires sur 34 communes, un record pour le territoire.
Guadeloupe : le président de Région battu à Baie-Mahault
Douze communes guadeloupéennes ont revoté le 22 mars, avec une participation de 49,81 %, en hausse par rapport au premier tour.
Le résultat le plus retentissant est la défaite du président de Région Ary Chalus à Baie-Mahault. Michel Mado (divers centre) l'emporte avec 54,83 % des voix, infligeant un revers majeur à l'homme fort de la politique guadeloupéenne. Autre surprise : à Saint-Claude, Fabrice Minatchy (divers gauche) crée la surprise en remportant la mairie.
Trois maires sortants ont été battus (Goyave, Port-Louis et Anse-Bertrand), tandis que sept sortants ont été reconduits, dont Michel Hotin au Gosier, Jean-Luc Périan à Saint-François et Maryse Etzol à Grand-Bourg de Marie-Galante. Le scrutin guadeloupéen confirme un choix de stabilité, à l'exception notable de Baie-Mahault.
Guyane : renouvellement massif, le plus jeune maire a 34 ans
Six communes guyanaises étaient en ballottage. La participation atteint 47 %, en hausse par rapport au premier tour.
À Kourou, Michaël Rimane est élu avec 34,92 % des voix, battant le maire sortant François Ringuet (26,20 %). À Saint-Laurent-du-Maroni, Lénaïck Adam (ancien plus jeune député de France) l'emporte avec 42,04 % et 3 233 voix, devenant à 34 ans le plus jeune maire de Guyane. La participation dans cette commune atteint 60,2 %.
À Maripasoula, Jonathan Abienso (57,02 %) met fin à 18 ans de règne de Serge Anelli. À Mana, Albéric Benth est réélu de justesse (51,25 %). À Matoury, Serge Smock obtient un troisième mandat (51,52 %).
Polynésie française : Brillant succède à Buillard à Papeete
Le second tour s'est tenu dans 22 communes sur 48 en Polynésie française, avec une participation de 60,5 % à 18 heures.
À Papeete, Rémy Brillant met fin à trente ans d'ère Buillard en remportant la quadrangulaire avec environ 46 % des voix (2 096 suffrages), loin devant Tematai Le Gayic (21,3 %, 968 voix). Michel Buillard, maire depuis 1994, ne se représentait pas en tête de liste. L'élection de Brillant marque un tournant dans la politique municipale de la capitale polynésienne.
Parmi les résultats notables : à Manihi, la victoire se joue à seulement 2 voix (330 contre 328). À Maupiti, le sortant Woullingson Raufauore est battu par Mareto Atuahiva (58,4 %). À Papara, Mike Tessier l'emporte avec 46,8 %.
Ce que révèle le second tour ultramarin
Les résultats du second tour confirment quatre dynamiques qui dépassent les frontières de chaque territoire.
Un renouvellement massif. De La Réunion (7 sortants battus) à la Martinique (8 sortants battus), en passant par Mayotte (12 communes sur 17 changent de maire), les électeurs ultramarins ont sanctionné les sortants bien plus durement qu'en métropole. Cette vague de renouvellement est portée par des candidats plus jeunes (Chaussalet, 32 ans au Tampon ; Adam, 34 ans à Saint-Laurent-du-Maroni) et une féminisation des exécutifs locaux.
La participation en hausse. De la Nouvelle-Calédonie (58,9 %, contre 17,2 % en 2020) à la Guyane (47 %, en hausse), les territoires ultramarins enregistrent une mobilisation supérieure au premier tour dans la quasi-totalité des cas. Ce signal contredit la thèse d'une abstention structurelle dans les outre-mer.
L'irruption de forces nationales. La percée de LFI au Tampon et du mouvement Péyi-a (proche Mélenchon) en Martinique marque un tournant : pour la première fois, des formations rattachées à la gauche radicale remportent des mairies ultramarines en dehors de leur périmètre historique. À l'inverse, Les Républicains progressent fortement à Mayotte (de 3 à 7 élus).
La reconstruction comme programme. À Mayotte, les municipales ont fonctionné comme un référendum sur la gestion post-cyclone Chido. En Nouvelle-Calédonie, la hausse spectaculaire de la participation traduit une volonté de normalisation après les émeutes de 2024. Dans les deux cas, l'enjeu local a éclipsé les clivages partisans nationaux.











